Félix Séguin
Agence QMI

Michel Courtemanche utilisé pour infiltrer le clan Rizzuto

Michel Courtemanche utilisé pour infiltrer le clan Rizzuto

L'humoriste Michel Courtemanche.Photo Archives / Agence QMI

Félix Séguin

MONTRÉAL - La police a utilisé l'humoriste Michel Courtemanche afin d'infiltrer le clan de l'ex-parrain de la mafia montréalaise, Vito Rizzuto. C'est ce que révèle l'émission J.E. diffusée dimanche soir à l'antenne de TVA.

L'opération s'est déroulée à Cuba avec la complicité du régime communiste et à l'insu de l'artiste.

Ce véritable scénario de film commence en 2003, alors que Vito Rizzuto reçoit un appel lui enjoignant de se rendre rapidement au restaurant Vincent Sous-Marin, sur la Rive-Sud de Montréal.

Triple meurtre

On l'informe qu'à New York, Joseph Massino, le patron de la famille Bonanno s'apprête à signer la fin du règne de Rizzuto en dévoilant l'implication directe du parrain dans un triple meurtre survenu au début des années 1990 dans un club social de Brooklyn.

Un vol vers Varadero

Le lendemain de cette rencontre, Vito Rizzuto et sa femme ont acheté une paire de billets et ont sauté dans un avion qui les a amenés à une station balnéaire de Varadero.

«Vito est allé là-bas afin d'évaluer ses options», a raconté l'enquêteur à la retraite Tony Bianco.

C'est à ce policier spécialisé dans les affaires mafieuses que l'on a demandé d'aller effectuer l'une des opérations policières les plus hardies des dernières années: surveiller le parrain 24 h sur 24, 7 jours sur 7 au pays de Fidel Castro.

De surveillance à infiltration

Le policier a alors une idée audacieuse. Il tente le grand coup et transforme l'opération de surveillance en une opération d'infiltration. L'enquêteur cible la personne qui va les aider à mener à bien cette opération: l'artiste Michel Courtemanche, qui se trouve au même hôtel que Rizzuto, le Melia Las Americas.

Bianco sait bien qu'un humoriste québécois a un certain pouvoir d'attraction sur ses compatriotes. Il espère qu'il en sera de même pour la mafia, qui a toujours aimé être vue en compagnie de membres du monde artistique. C'est exactement ce qui est arrivé.

Le clan Rizzuto s'est bien amusé avec Courtemanche, partageant des histoires et des cocktails. La police est allée encore plus loin: elle a fait venir de Montréal un groupe de policiers en civil dont la mission était de faciliter les rapprochements entre Courtemanche et le groupe.

À l'insu de l'humoriste, la stratégie a parfaitement fonctionné.

Succès mitigé

L'opération a pris fin et la GRC a considéré qu'elle était couronnée de succès. La police contemplait la possibilité de poursuivre son opération d'infiltration en sol québécois, mais les policiers en civil ont été utilisés pour une autre opération d'infiltration qui, celle-là, a mal tourné. Les policiers ont été démasqués et sont devenus «inutilisables» pour la poursuite des activités.

«Ça m'a vraiment mis en colère, a conclu l'ex-policier Bianco. C'est le plus près que nous nous sommes jamais trouvés d'avoir de l'information de première main sur les Rizzuto.»

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