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Fugue: «ma fille est attirée par la liberté»

Fugue: «ma fille est attirée par la liberté»

Sandrine Morin. Photo Courtoisie / SPVM

MONTRÉAL - Alors que le Québec se demande s'il faut serrer la vis ou laisser les portes débarrées dans les centres jeunesse, une mère sans nouvelles de sa fille depuis la fin août craint le pire.

Hélène Morin n'a pas revu sa fille depuis plus de cinq mois. Elle s'est enfuie du Centre jeunesse de Laval. L'adolescente de 16 ans en est à sa 11e fugue.

«C'est très angoissant de ne pas savoir où est sa fille, surtout quand c'est notre fille unique», a-t-elle dit en entrevue à l'émission de Denis Lévesque, à LCN.

Sandrine est disparue le 28 août dernier. «Je ne l'ai su que le 17 septembre, a dit la mère. L'intervenante au dossier s'est excusée, mais elle n'avait pas eu le temps de m'aviser de la fugue de ma fille. Comme ma fille fait des fugues à répétition, elle a pris ça comme une fugue de plus.»

Et pourquoi Sandrine fugue-t-elle? «Ma fille est attirée par la liberté, être emprisonnée, ça ne l'intéresse pas», a dit Mme Morin.

Questionnée sur les motivations de sa fille quand celle-ci a quitté la maison pour la toute première fois, Hélène Morin préfère ne pas entrer dans «les détails de sa vie personnelle».

«C'était à cause de ses mauvaises fréquentations et de sa curiosité», a-t-elle répondu en guise d'explications.

Pour plusieurs d'entre elles, les fugueuses vont tomber entre les mains de proxénètes. «On l'a retrouvée quelques fois grâce à l'intervention de la police. Elle a admis être sous le joug de gangs de rue de l'est de Montréal.»

Si sa fille est retournée auprès de ces gangs à plusieurs reprises, c'est que la manipulation a joué un rôle important, croit sa mère. «L'emprise des gangs de rue sur ces jeunes-là est assez inexplicable, a-t-elle souligné. Il s'agit d'un phénomène qui prend beaucoup d'ampleur, comme vous le savez.»

«Je fais ça pour elle»

«Elle va sans doute me bouder en me voyant à la télévision, mais je fais ça pour elle», a ajouté la mère.

Mme Morin, qui croit que sa fille a déjà eu à subir un avortement, affirme avoir eu des contacts avec elle via Facebook et lors d'appels anonymes où «elle n'était pas libre de nous parler».

Présente au début, la fascination d'un monde différent n'est plus un facteur après de multiples disparitions. «Ces jeunes ont besoin d'aide, a-t-elle ajouté. Ils ne viennent plus vers toi, c'est toi qui dois aller vers eux, dans les maisons closes, car ils sont vraiment sous le contrôle des gangs de rue. Ils ont besoin d'un débriefing.»

Même si les intervenants accomplissent du bon travail dans les centres jeunesse, Mme Morin doute que ce soit suffisant. «Les portes sont ouvertes, donc à la moindre occasion, dès qu'on a le dos tourné, elles peuvent prendre la poudre d'escampette, ce ne sont pas des nounounes», a-t-elle mentionné.

«Sandrine, peu importe ce qu'elle fait, je vais toujours l'aimer et il y aura toujours une place pour elle à la maison. On est une famille unie, je lui tends la main», a dit cette mère, qui ne cache pas vivre de la peur, mais qui espère revoir bientôt sa fille.

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