Kathleen Frenette
Agence QMI

À la Cour d'appel de décider du sort de Lise Thibault

Kathleen Frenette

Dernière mise à jour: 05-02-2016 | 13h23

QUÉBEC - Le sort de Lise Thibault est désormais entre les mains des juges de la Cour d'appel qui auront à déterminer si la peine imposée en première instance était appropriée pour l'ex-lieutenante gouverneure qui s'est reconnue coupable de fraude et d'abus de confiance.

D'entrée de jeu, l'avocat de Lise Thibault, Me Marc Labelle, a souligné vendredi que selon lui, le juge Carol St-Cyr avait commis certaines erreurs de principe lorsqu'il a rendu son jugement en septembre 2015.

L'une des plus probantes est qu'il s'est, selon Me Labelle, «encarcané dans la fourchette des sentences» et qu'il est parti avec l'idée «qu'il ne pouvait donner autre chose qu'une peine d'emprisonnement».

«De ce fait, il n'a pas tenu compte que Mme Thibault n'a pas d'antécédent judiciaire, qu'elle a 76 ans, qu'elle a toujours contribué à la société, qu'elle a toujours été un actif et qu'elle a un état de santé précaire», a dit Me Labelle.

Facteur déclencheur

Selon lui, le juge n'a également pas pris en compte le fait que Mme Thibault était la première lieutenante-gouverneure à ne pas avoir de résidence officielle, un aspect important à considérer puisqu'il serait le facteur déclencheur des évènements.

«En raison de ça, on a mis en place le système de subvention pour les différentes activités et c'est là que ça a commencé. Si elle avait eu une résidence officielle, probablement que la situation ne se serait pas présentée», a-t-il mentionné.

De plus, Me Labelle a souligné qu'en raison de l'hypermédiatisation du dossier, Mme Thibault s'était sentie humiliée et ridiculisée et que de ce fait, le juge devait soupeser cet aspect dans le cadre de l'imposition de sa peine.

«La couverture médiatique a été biaisée. On a qu'à se remémorer certaines premières pages... enfin... C'était nettement exagéré», a-t-il ajouté.

Abus de confiance

De son côté, le poursuivant, Me Marcel Guimont, a rappelé que pendant «dix ans, madame, à qui toute la population faisait confiance, a abusé de cette même confiance» et que précisément pour cela, «l'exemplarité et la dissuasion» devaient primer.

«D'ailleurs, mon confrère, dans son argumentaire, ne vous parle que de la fraude sans jamais aborder l'abus de confiance qui, selon nous, est au cœur du débat. Il n'existe pas, au Québec, de plus haut fonctionnaire et c'est toute l'institution qui, par les agirs de madame, a été mise en doute dans cette histoire», a conclu le procureur.

Lise Thibault va bien

Au sortir de la salle, le conjoint de Lise Thibault, Réal Cloutier, a d'abord refusé de parler de l'état de santé de l'ancienne lieutenante-gouverneure en précisant que «rien de ce que je pourrai dire n'aidera Mme Thibault».

Il s'est par la suite révisé et a mentionné «qu'elle allait bien» et «que la santé était bonne».

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