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Une troisième adolescente en fugue à Laval

Dernière mise à jour: 04-02-2016 | 12h22

LAVAL - Une troisième adolescente hébergée au centre jeunesse de Laval a été rapportée en fugue depuis la fin de semaine dernière. Mathilde Geoffroy Aubé n'a plus été vue depuis lundi, a-t-on appris jeudi. Sa mère craint qu'elle ait quitté le Québec pour se prostituer.

C'est la sixième fois que la jeune fille de 16 ans s'enfuit du centre, selon la police.

Lors de sa dernière fugue, Mathilde avait été retrouvée alors qu'elle s'apprêtait à partir pour Calgary, a raconté sa mère, Marjolaine Aubé, en entrevue à TVA Nouvelles.

«On l'avait retrouvée dans un appartement de Longueuil et elle était sous l'emprise possible d'un proxénète», a confirmé Alain Meilleur, inspecteur des crimes majeurs au Service de police de la Ville de Laval.

D'après Mme Aubé, «les proxénètes ciblent le centre jeunesse, ils sont là, à chaque coin de rue sur le boulevard Cartier, ils sont dans les appartements juste en face du centre».

Les enquêtes policières montrent un lien évident entre les fugues de ces jeunes filles et l'émergence de l'exploitation sexuelle perpétrée par les gangs de rue, a reconnu M. Meilleur.

«Les gens qui sont dans le milieu criminel savent qu'il y a beaucoup d'argent à se faire et ils misent dessus», a-t-il argumenté.

Dossiers pris au sérieux

Interpellé au sujet de ces fugues qui constituent une situation de plus en plus préoccupante à Laval notamment, le maire de la ville, Marc Demers, a assuré que ces dossiers-là ne sont pas pris à la légère.

«Je suis convaincu que tous les efforts sont mis et seront mis pour retracer la jeune fille», a dit le maire de Laval en entrevue à LCN, précisant que dans des cas semblables, les dossiers sont transférés à la division des enquêtes criminelles, «où les policiers vont scruter les habitudes de la jeune fille, et si elle possède de l'équipement électronique, ils vont passer au travers».

«Si je juge que le Service de police de Laval n'a pas les outils pour faire le travail, je ferai les représentations [nécessaires]», a-t-il indiqué.

Pour Marjolaine Aubé, c'est une certitude, Mathilde s'est laissée séduire par ces personnes qui promettent monts et merveilles. Elle croit que sa fille est attirée par l'argent facile.

«Elle veut telle affaire, on lui donne. Ça ne peut être que l'appât du gain», estime-t-elle.

«On pensait qu'elle allait mieux, mais en fait non», a déploré la maman, qui se sent désarmée face aux mauvaises fréquentations de sa fille.

«Je ne comprends pas, parce qu'elle a une belle éducation, elle a été élevée dans le féminisme et dans le syndicalisme, a-t-elle dit. Et elle a de bons résultats à l'école, elle est intelligente...»

«Lois ont changé»

Interrogée sur le centre jeunesse de Laval, d'où ont fui Mathilde et deux autres jeunes filles - Kelly Martin Nolet, retrouvée mercredi avant qu'elle ne change d'apparence, et Sarah Hauptman, toujours portée disparue - Marjolaine Aubé a tenu à affirmer qu'il ne faut pas rendre les intervenants responsables de la situation. «Ce n'est pas de leur faute, ils sont fantastiques», a-t-elle dit.

Pour elle, la raison, c'est que «les lois ont changé. Ils n'ont plus le droit de les rattraper si les jeunes s'en vont, ils n'ont plus le droit de fermer les portes».

Mme Aubé affirme qu'il «faut de la surveillance policière sur tout le boulevard, faire le ménage dans ce coin-là et autour du métro Cartier et resserrer les règles dans les centres».

Elle est également convaincue qu'il est absolument nécessaire de «faire de la prévention contre les gangs de rue à l'école, parce que c'est dans les cours d'école que ça se passe».

Toute personne ayant des informations peut communiquer avec la police de Laval en appelant au 450-662-4636 ou au service 9-1-1.

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