Nicolas Lachance
Agence QMI

La famille qui a sauté d'un immeuble en feu met en demeure la Ville de Québec

La famille qui a sauté d'un immeuble en feu met en demeure la Ville de Québec

Les pompiers n'étaient pas parvenus à aider la famille lors de l'incendie.Photo Archives / Agence QMI

Nicolas Lachance

QUÉBEC - Le saut dans le vide du quatrième étage d'une famille de l'arrondissement de Charlesbourg à Québec pour échapper aux flammes le 6 janvier dernier était inévitable en raison de la négligence du service des incendies, affirme la mise en demeure envoyée mercredi à la Ville de Québec.

Le bureau d'avocat de Guy Bertrand a confirmé l'envoi d'une mise en demeure dans le dossier de l'incendie de la rue des Cyprès.

Pris au piège lors de l'incendie de leur logement, Nathalie Chicoine, son fils de 10 ans Jason et son conjoint, Claude Jr Gignac, ont dû sauter par la fenêtre, parce que l'échelle du camion de pompier était coincée.

«Devant l'absence d'intervention efficace de vos préposés et l'ordre qui leur était transmis par des policiers et pompiers au sol, nos clients, étouffés par la fumée et menacés par une chaleur intense, ont dû se résoudre, à contrecœur et pour éviter la mort, à sauter dans le vide», mentionne le document.

La famille tient le service des incendies responsable des dommages physiques et psychologiques subis par les membres de la famille. «On veut des réponses», a mentionné Guy Chicoine, le frère d'une des victimes.

Selon la mise en demeure, le service des incendies a commis de nombreuses erreurs le matin du tragique événement. Il aurait été incapable de déployer l'échelle aérienne, et aurait omis de répondre rapidement et efficacement à l'urgence. L'avocat Guy Bertrand affirme d'ailleurs que les victimes ont attendu entre 10 et 12 minutes avant l'arrivée des pompiers.

Pour l'instant, aucune somme d'argent n'est réclamée, principalement parce que Nathalie Chicoine est toujours à l'hôpital et que l'évaluation de ses séquelles ne serait pas complétée. Après le saut, elle a été hospitalisée aux soins intensifs, plongée dans un coma artificiel. En plus des nombreuses fractures aux jambes, aux chevilles et au visage, la dame ne pouvait plus respirer par elle-même. Elle devra subir une rééducation. Son fils a eu plus de chance, car de bons samaritains ont réussi à le rattraper avant qu'il ne s'écrase au sol.

Il serait toutefois traumatisé, selon son oncle, tout comme d'autres membres de la famille.
Claude Jr Gignac, qui a pris la décision de faire sauter tous les membres de la famille à cause du danger qui les guettait, a quant à lui subi de graves blessures au dos.

Me Bertrand représente aussi M. Gignac, soulignant «qu'il a agi en véritable héros devant l'impuissance des services municipaux à assurer le sauvetage de nos clients et a subi aussi de graves blessures».

Une vidéo témoignant de la scène a fait le tour du monde.

Le commissariat aux incendies enquête sur les événements.

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