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Un jeune patient homosexuel victime de discrimination?

Un jeune patient homosexuel victime de discrimination?

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MONTRÉAL - La famille d'un garçon de 17 ans accuse un médecin du CUSM d'avoir refusé de le traiter parce qu'il était homosexuel.

Sébastien Tourillon luttait pour sa vie ce jour-là. Atteint de fibrose kystique, en phase terminale, il ne gardait ni nourriture ni liquide. Il était complètement déshydraté et au bord de l'épuisement quand ses parents l'ont conduit à l'urgence du Centre de santé universitaire de McGill.

Sur place, le médecin a demandé à sa mère de le laisser seul avec l'adolescent de 17 ans qui se considère comme homosexuel depuis toujours et aime porter des vêtements de femme.

«Il m'a dit "êtes-vous homosexuel?" "Êtes-vous transsexuel?" "Voulez-vous vous faire opérer pour changer de sexe?" Considérant que j'avais du vernis à ongles, je ne pouvais pas nier mon homosexualité. J'ai dit que j'étais homosexuel et à ce moment-là, j'ai eu la perception que son regard a changé.»

Après avoir reçu les résultats des tests, le médecin lui a donné son congé.

La médecin de famille de Sébastien n'était pas d'accord de le laisser quitter l'hôpital, a expliqué la mère de Sébastien, Martine Tourillon. «Au téléphone, je dis à notre médecin qu'on rentre à la maison, mais elle dit "qu'est-ce que tu veux dire, tu rentres à la maison? Avec ton fils dans l'état qu'il est?"»

La médecin de famille était ferme: «il ne peut pas rentrer à la maison dans cet état sans quoi il va mourir.»

Mme Tourillon a insisté alors pour que son fils soit hospitalisé, mais le médecin de l'urgence du CUSM était intraitable. Il lui a dit d'appeler son mari pour qu'il vienne les chercher.

«On se sent comme si la société t'abandonnait, dit la mère. Tu ne sais plus trop quoi faire, mais tu ne peux laisser ton enfant mourir. Tu dois trouver une façon de l'aider. Nous étions prêts à le conduire à Toronto où aux États-Unis, mais on nous disait que son état de santé ne lui permettrait pas de survivre au voyage.»

Martine Tourillon et son mari étaient paniqués, ne sachant comment réagir. Heureusement, leur médecin de famille est intervenu pour s'occuper de Sébastien. Le lendemain, M. Tourillon a loué de l'équipement médical et le couple a engagé un infirmier à temps plein pendant trois semaines de traitements à la maison, 24 heures sur 24, jusqu'à ce que Sébastien reprenne finalement du mieux.

Sébastien vient d'avoir 18 ans. Pour lui, ça ne veut pas dire grand-chose. Sa maladie est incurable, il sait que son espérance de vie est limitée. Depuis son enfance, il a l'impression que tout va plus vite pour lui. Enfant surdoué, à 3 ans il lisait les livres de Harry Potter. À 13 ans, il a été accepté au Massachusetts Institute of Technology, la célèbre université américaine. Il y renoncera et optera pour l'Université de Nice, car il sait qu'il ne vivra pas assez longtemps pour terminer ses études et réaliser son rêve de travailler dans l'industrie aéronautique.

La famille Tourillon a porté plainte au Collège des médecins, au CUSM et à la Commission des droits de la personne. Les traitements privés ont coûté une fortune, mais ce n'est pas ce qui préoccupe les parents de Sébastien. «Je ne veux pas qu'un autre jeune ait à subir ce que mon fils a enduré simplement parce qu'il est homosexuel», a-t-elle expliqué.

Quant à Sébastien, que dirait-il au médecin qui a refusé de le traiter s'il l'avait devant lui? «Il doit changer de métier. Vraiment. Un médecin ne devrait pas avoir de préjugés.»

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