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Burkina Faso: le milieu humanitaire sous tension

MONTRÉAL - Développement économique, actions humanitaires, constructions d'écoles: de nombreux coopérants internationaux sont à pied d'œuvre au Burkina Faso. Les attaques de vendredi ont poussé le milieu humanitaire à resserrer ses consignes de sécurité.

Vingt-neuf personnes sont mortes dans l'attaque perpétrée ce week-end par des jihadistes à l'hôtel Splendid d'Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. Parmi les victimes se trouvaient six Québécois en mission humanitaire.

Pourtant, le pays est habituellement assez stable.

«Je suis au Burkina depuis 1999, et c'est la première fois qu'il y a un attentat de ce genre», mentionne Mylène Otis, directrice d'Oxfam-Québec au Burkina Faso, lors d'une entrevue avec LCN. «On a été très étonnés.»

L'organisme œuvre notamment dans le domaine de la sécurité alimentaire, du développement agricole et de l'employabilité des femmes et des jeunes.

«À Oxfam, on a donné des consignes de sécurité, qui étaient déjà là, explique Mme Otis. Avec ce qui s'est passé, on a resserré la sécurité. On conseille aux expatriés et au personnel de rester à la maison et d'éviter de sortir, sauf pour des raisons impératives.»

Ils doivent notamment éviter les lieux dans lesquels on trouve une grande concentration d'étrangers et les lieux d'affluence.

Lundi, une réunion aura lieu entre les membres de la direction de l'organisme pour voir l'impact futur des événements de vendredi sur leurs projets dans le pays.

«Quand il y a un niveau d'insécurité qui augmente, l'affectation d'expatriés, de coopérants volontaires devient plus difficile, plus à risque», analyse Mylène Otis, qui se sent tout de même en sécurité présentement au Burkina Faso.

L'organisme est en communication avec l'ambassade du Canada pour la suite des choses.

Crainte pour l'avenir de l'aide humanitaire

Aziz Daboué, président de l'Association des Burkinabé du Grand Montréal, déplore que ce soient des coopérants étrangers qui aient été victimes de cette attaque.

«Ce sont des humanitaires, des gens qui consacrent leur vie pour aider nos populations dans leur développement et c'est ça qui nous fait le plus mal», estime-t-il.

M. Daboué était à Ouagadougou dans les dernières semaines. Selon lui, après une telle attaque, des coopérants internationaux pourraient décider d'aller s'impliquer dans d'autres pays.

«Cette aide-là, on en a vraiment besoin pour le développement. S'attaquer à ces gens anéantit quasiment l'aide dont nous avons besoin», estime-t-il.

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