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«Je lui ai dit 50 fois de ne pas mettre la coquille sur le poêle»

Dernière mise à jour: 08-01-2016 | 22h42

VICTORIAVILLE - La mère de la petite Fanny, qui a été brûlée quand la coquille du siège pour enfants dans laquelle elle se trouvait a pris feu sur la cuisinière, assure que c'est un accident.

«On revenait chez nous, on lui avait fait percer les oreilles. [Mon conjoint] l'a mise sur la cuisinière, car il voulait lui préparer un biberon. On s'est déshabillé dans le salon et les flammes étaient déjà prises», a expliqué Caroline Morin, la maman de l'enfant de cinq mois, à TVA Nouvelles.

La femme de Victoriaville dans le Centre-du-Québec croit qu'en déposant la coquille de Fanny jeudi soir, son conjoint a accroché le bouton de la cuisinière, allumant du même coup l'élément.

«La coquille était en flammes, mon conjoint l'a prise pour débarquer Fanny de la coquille, a-t-elle précisé. Moi je l'ai prise pour appeler les secours à l'extérieur. J'ai appelé les urgences. Mon autre fille était déjà à l'extérieur.»

Aide d'un voisin

C'est un voisin du couple qui a aidé le père de l'enfant à éteindre les flammes dans l'appartement.

Sous le choc, Caroline Morin a tenté de réconforter son enfant comme elle a pu. «Je l'ai prise contre moi. Je lui chantais des chansons, je lui disais de rester avec nous», a dit la mère.

Le nourrisson est maintenant hors de danger selon ce qu'a fait savoir Mme Morin. «Mon conjoint est encore à l'hôpital, il a eu des brûlures, même aux poumons.»

«Il l'a mise quand même»

La mère de Fanny soutient avoir répété à maintes reprises au père de la bambine de ne pas déposer son siège d'enfants sur la cuisinière.

«Ça faisait 50 fois que je lui disais de ne jamais mettre une coquille sur un pôele. Il l'a mise quand même», a déploré la maman.

Les enquêteurs de la Sûreté du Québec ont rencontré le couple de Victoriaville ainsi que des voisins. Aucune autre information n'a filtré de la part des autorités pour le moment.

Une guérison qui pourrait prendre plus d'un an

En entrevue à TVA Nouvelles, Line Parent, ergothérapeute à l'Hôpital de Montréal pour enfants, a expliqué que les interventions que devra subir le nourrisson sont bien différentes de celles que devrait endurer un adulte.

«Chez un enfant, en plus de la cicatrice elle-même, on a un enfant qui grandit. Il faut vraiment que l'enfant soit suivi de près, surtout quand c'est près d'une articulation», a précisé Mme Parent.

La durée de la guérison et de la réadaptation de cette fillette de cinq mois dépendra de l'étendue et de la profondeur de ses brûlures. Cela pourrait prendre un an, peut-être plus.

L'apparence des cicatrices pourra être améliorée avec des vêtements compressifs, des massages ou des orthèses pour maintenir les amplitudes.

«Mais c'est sûr qu'une peau brûlée ne ressemblera jamais à une peau saine et intacte», a conclu Line Parent.

La mince ligne entre négligence criminelle et accident

Alors que la Sûreté du Québec poursuit son enquête sur l'événement dramatique qui s'est produit jeudi soir à Victoriaville, il est encore trop tôt pour savoir si des accusations seront portées envers les parents du nourrisson gravement brûlé.

La juge à la retraite Nicole Gibeault explique qu'il est souvent difficile, en droit criminel, de tracer la ligne entre un accident et un cas de négligence.

«C'est une des notions parmi les plus difficiles à capter, qui a fait couler énormément d'encre par les cours d'appel, la Cour suprême, précise-t-elle. Évidemment ça prend un écart de conduite marqué.»

«Je vous le dis c'est une notion qui est complexe en droit, et avant d'obtenir un verdict de culpabilité on va vérifier si la preuve est vraiment à l'abri», ajoute l'ex-juge.

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Un nourrisson gravement brûlé à Victoriaville

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