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Alcool au volant: ils tentent de trouver un sens à la mort de leur fille

LAC-BROME - «Si vous buvez, si vous textez, si vous pesez sur la pédale, pensez aux conséquences.»

Celle qui prononce ses paroles, Lyne Hébert, sait de quoi elle parle. Il y a deux ans et sept mois sa fille, Natasha Lavigne, périssait dans un accident de voiture ; elle était passagère.

«Si on sauve juste une vie au bout de la ligne, elle ne sera pas morte pour rien», ajoute la mère de Natasha.

Pour la première fois depuis la mort de leur fille, tuée à Lac-Brome dans un accident de voiture en 2012, les parents de la jeune fille se livrent à la caméra.

Ils espèrent que leur témoignage fera réfléchir des conducteurs, qui pourraient avoir le pied pesant.

Un grand vide

Lyne Hébert et Jeffrey Lavigne tentent toujours d'apprendre à vivre sans leur fille. Le temps n'a rien effacé.

«Tout le monde s'ennuie d'elle», dit son père, ému, qui la décrit comme une «boule d'énergie».

«On la célèbre encore. Jeudi, c'est sa fête, elle va avoir 21 ans. Pas «elle n'aurait pas eu», elle va avoir 21 ans» dit sa mère, Lyne Hébert. «On la garde en vie», dit-elle.

Le 12 novembre 2012, sur le chemin Bondville à Lac-Brome, Sarah Cousineau Denis, 20 ans, roulait à 105 km/h dans une zone de 50 quand elle a perdu la maîtrise de sa voiture, qui a effectué un vol plané et heurté violemment un arbre.

Ses deux passagères, Alexandra Laliberté, 19 ans, et Natasha Lavigne, 18 ans, sont mortes.

Sarah Cousineau Denis a plaidé coupable à deux accusations de conduite dangereuse ayant causé la mort.

Elle a écopé une peine 30 mois de prison, réduite plus tard à 24 mois; en plus de 100 heures de travaux communautaires, et de deux ans de probation.

Maintenant que le procès est terminé, la famille de Natasha souhaite passer à une autre étape, deux ans et sept mois plus tard.

Au ralenti

«La vie tombe au ralenti, dans un sens. Tu te bases juste là-dessus. Tu attends des nouvelles de ça, tu n'as plus le goût d'aller travailler, tu n'as plus le goût de fonctionner», dit Jeffrey Lavigne.

«C'est notre routine qui a de la misère à revenir comme avant. Moi et Natasha, tous les jours, on marchait. Pratiquement tous les jours, on marchait avec le chien. Quand elle est décédée, moi, j'ai arrêté de marcher, et je viens de recommencer la semaine passée. Ça fait deux ans. Je viens de recommencer à faire le chemin qu'on faisait ensemble. Donc, oui, ce sont des choses qui nous manquent», dit sa mère.

En 2014, 42 jeunes ont perdu la vie sur les routes du Québec. La cause d'accident la plus fréquente était la vitesse élevée.

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