Nicolas Lachance
Agence QMI

L'Isle-Verte: plusieurs lacunes au service des incendies

Nicolas Lachance

Dernière mise à jour: 17-11-2014 | 23h04

RIVIÈRE-DU-LOUP - Manque de pression d'eau dans les bornes-fontaines, formations inadéquates des pompiers et mauvaise utilisation des services d'incendie des municipalités voisines: la force de frappe des sapeurs de L'Isle-Verte était boiteuse le jour de la tragédie.

Ces lacunes ont été mises en lumière par le chef de la prévention des incendies de la MRC de Rivière-du-Loup, Christian Chénard-Guay, lundi, lors de l'enquête publique du coroner Cyrille Delâge.

Ainsi, le schéma de prévention des incendies de la MRC de Rivière-du-Loup remis au ministère de la Sécurité publique en 2010 démontre que plusieurs recommandations n'ont pas été respectées par la municipalité de L'Isle-Verte et son service d'incendie.

En plus de ne jamais avoir publié de rapport annuel depuis la création de ce schéma, qui a été déposé en preuve, rien ne laisse croire qu'il y a eu des améliorations dans la prévention des incendies avant le feu meurtrier de L'Isle-Verte. La résidence du Havre qui a brûlé le 23 janvier 2013, tuant 32 de ses résidents, faisait déjà partie des établissements à haut risque, ont mentionné les experts en prévention.

Selon les scénarios prévus, cette nuit-là, il aurait dû y avoir 12 pompiers, une autopompe, trois citernes et 15 000 litres d'eau, et ce, dans un délai de 25 minutes.

L'Isle-Verte possède toutefois une seule citerne et ne reçoit pas d'aide automatiquement des municipalités voisines lorsqu'un feu est déclaré. Pourtant, en 2010, la municipalité avait reçu la recommandation d'organiser ce type d'entraide, afin qu'elle soit reliée directement à la centrale 911.

Et, pour le commissaire responsable de l'enquête publique M. Delâge, il s'agit de délais déjà trop longs.

L'administration de L'Isle-Verte pourrait aussi se retrouver dans l'eau chaude, car le schéma indiquait clairement que les bornes-fontaines de la ville n'étaient pas assez puissantes. La pression des bornes n'était pas conforme à la réglementation.

Manque de formation

Ces documents déposés devant la commission ont aussi exposé que seulement quatre pompiers sur 16 avaient une formation récente.

Même l'officier aux incendies de L'Isle-Verte, Yvan Charron, n'a pas eu à suivre une formation de chef en raison d'une clause de droits acquis vieille de 16 ans. Le métier a changé et les qualifications sont désuètes s'il n'a pas suivi de formations d'appoint, a affirmé le chef de la prévention de la MRC à la procureure Marie Cossette.

Par ailleurs, le témoin Dany Lechasseur a déclaré devant la commission que les lieux auraient dû être évacués en l'espace de 10 minutes après le déclenchement du système d'alarme.

Une technicienne de la Régie du Bâtiment a affirmé que la vieille section qui a complètement été détruite était conforme aux normes du bâtiment, apportant toutefois une nuance: seuls les résidents autonomes avaient le droit de vivre dans cette partie de l'établissement.

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