Michael Nguyen
Agence QMI

Meurtre de Jun Lin: une personne mystère dans la vidéo

Michael Nguyen

Dernière mise à jour: 29-09-2014 | 19h17

MONTRÉAL - Luka Rocco Magnotta reconnaît avoir commis le meurtre sordide de Jun Lin. Mais cela ne signifie pas qu'il plaide coupable, car son état d'esprit sera l'enjeu principal tout au long de son procès.

«À la fin du procès, ce sera à vous de déterminer si la Couronne a prouvé que M. Magnotta a commis ses crimes [avec l'état d'esprit nécessaire pour être reconnu coupable]», a indiqué le juge Guy Cournoyer dans son adresse au jury, lundi matin, au palais de justice de Montréal.

Magnotta, âgé de 32 ans, a donc bel et bien tué l'étudiant chinois Jun Lin le 25 mai 2012, dans l'appartement 208 du 5720, boulevard Décarie à Montréal. Il a aussi confirmé avoir dépecé sa victime de 33 ans juste après.

Quant à la vidéo «crue et horrible», mettant en scène une série d'outrages à un cadavre, c'est aussi Magnotta le responsable, tout comme les colis de pieds et de mains envoyés à Vancouver et Ottawa, ainsi que le harcèlement envers le premier ministre Stephen Harper.

On a aussi appris que la première partie de la vidéo montre un homme attaché, qui n'est pas Jun Lin. On ignore toutefois son identité pour le moment.

«Les images de surveillance de Jun Lin, quelques heures avant sa mort, sont les dernières où on le voit en vie», a expliqué Me Louis Bouthillier de la Couronne.

Toutefois, même s'il a reconnu les faits, le meurtrier a plaidé non coupable.

«Non coupable», a-t-il dit à cinq reprises - une fois pour chaque accusation - lundi matin, d'une petite voix grave, la tête basse.

«Crime planifié et délibéré»

Tout au long du procès, prévu pour durer de six à huit semaines, Me Louis Bouthillier de la Couronne présentera une preuve visant à démontrer que Magnotta était sain d'esprit lorsqu'il a commis ses crimes.

«C'est un crime planifié et délibéré six mois à l'avance», a mentionné la Couronne. Un reporter anglais, qui a parlé à Magnotta à cette époque, témoignera en ce sens.

Des témoins de tout le Canada, mais aussi d'Europe seront entendus. La défense devait aussi faire une déclaration d'ouverture.

La première témoin est une technicienne en scène de crime. Et la Couronne a prévenu que les photos prises seront difficiles à regarder.

Cohue au palais

Le procès, probablement un des plus suivis des dernières années, n'a pas manqué de causer la cohue au palais de justice de Montréal.

Dès l'ouverture des portes, à 6 h 30, une dizaine de personnes faisaient la file pour s'assurer d'avoir un siège dans la salle d'audience. Car il n'y en a que cinq pour le public. Tous ceux qui ne sont pas arrivés assez tôt ont dû se rabattre sur deux salles de débordement, où le procès est retransmis en circuit fermé.

Il y avait quelques curieux, des journalistes, mais aussi un proche de Jun Lin, qui n'a pas voulu manquer l'ouverture de ce procès qu'il attend depuis deux ans et quatre mois. Il n'a pas souhaité commenter l'affaire.

Le père de la victime, Diran Lin, était présent dans la salle, accompagné d'un avocat civiliste.
Des médias étrangers sont aussi venus sur place, dont des journalistes européens et asiatiques.

C'est le cas de Cindi Wu, qui couvre le procès pour la chaîne FairchildTV. Les reportages seront diffusés pour la communauté chinoise du Canada, mais aussi à Hong Kong. L'intérêt de l'affaire Magnotta a fait grand bruit en Asie.

«La victime est Chinoise, nos auditeurs veulent savoir ce qu'il en devient, a pour sa part commenté Jian Xu, reporter pour CCTV News Channel, la plus importante chaîne de télévision en Chine. Nous allons suivre ce procès de près. Mais en général, l'impression qui ressort est que nos auditeurs font confiance au système de justice canadien.»

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