Agence QMI et Jane Sims
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Secte Lev Tahor: des enfants seront placés à Montréal

Agence QMI et Jane Sims

CHATHAM, Ontario - Treize mineurs vivant au sein de trois familles de la secte juive ultra-orthodoxe Lev Tahor et demeurant depuis peu à Chatham en Ontario, devront être placés dans des foyers d'accueil à Montréal, a statué lundi une cour ontarienne.

L'ordre de la Cour n'entrera cependant en vigueur que dans 30 jours, pour permettre à Lev Tahor d'en appeler de la décision.

Le juge Stephen Fuerth a aussi décrété que les mineurs pouvaient rester dans la collectivité de Chatham-Kent jusqu'à leur rapatriement au Québec.

Le juge a toutefois accepté qu'une mère âgée de 17 ans ne fasse pas partie des mineurs visés par le jugement. Son enfant âgé de quatre mois devra toutefois être appréhendé, a-t-il décrété. Les responsables des services sociaux ont pris des mesures pour que la mère accompagne son enfant.

Les membres de cette secte vivant à Sainte-Agathe-des-Monts dans les Laurentides avaient fui le Québec en pleine nuit en novembre pour se réfugier en Ontario alors que trois familles devaient se présenter devant un tribunal à la demande la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

Le juge ontarien a d'ailleurs reproché à la secte d'avoir fui le Québec. Les «actions unilatérales» du groupe, a indiqué le juge Fueth, ont causé un risque supplémentaire de préjudices pour ces enfants, «et ne peuvent être interprétées comme une préoccupation pour les intérêts de leurs enfants.»

Pour ce qui est des préoccupations de Lev Tahor concernant la liberté de religion, le juge Fueth a estimé que cette question devait être soulevée devant un tribunal du Québec.

Il a aussi estimé que les préoccupations du groupe concernant la Charte de la laïcité n'étaient pas fondées, notant qu'il ne s'agissait encore que d'un projet de loi.

Les services à l'enfance de la région Chatham-Kent, où la secte s'était installée, s'étaient adressés à un tribunal ontarien pour que l'ordre de la Cour du Québec soit respecté et que les enfants soient envoyés dans des familles juives hassidiques à Montréal.

La secte affirme être persécutée non seulement au Québec, mais également en Israël, où ses membres sont qualifiés de «talibans juifs» en raison de leur refus du modernisme, de leur habillement et de leur interprétation stricte de la religion.

Le groupe antisioniste est dirigé par le rabbin Shlomo Helbrans, une figure controversée qui ne croit pas l'existence de l'État d'Israël.

La DPJ est d'avis que les mineurs visés ont été victimes de maltraitance, que des filles âgées de 14 ans ont été victimes de mariages arrangés et que leur éducation est loin de répondre aux normes de la société.

Un porte-parole de Lev Tahor a indiqué que le groupe allait lutter contre cette décision de la cour ontarienne.

«Nous sommes vraiment déçus» a déclaré Uriel Goldman, ajoutant que le groupe religieux avait l'intention de continuer à habiter dans le secteur rural près de Chatham, où il loue des duplex.

Secte persécutée

Selon M. Goldman, le geste posé par le Québec constitue une attaque contre la liberté de religion.

«Nous nous sentons persécutés. Nous pensons qu'il s'agit de harcèlement et que cela est lié au fait que nous sommes un groupe religieux juif».

Lev Tahor allègue que l'enquête en cours dont le groupe fait l'objet porte principalement sur les normes d'éducation laïque au Québec, qu'il ne veut pas enseigner à ses enfants.

Un autre appel portant sur l'ordre d'appréhender les enfants doit être entendu le 20 février au Québec.



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