Carl Renaud
Agence QMI

La lutte de Mad Dog contre McDo

Carl Renaud

MONTRÉAL - Le lutteur Maurice «Mad Dog» Vachon a connu une brève carrière dans la restauration après avoir triomphé sur le ring. Le Québécois, décédé ce jeudi, a lancé la chaîne de restauration rapide Mad Dog Burger, à la fin des années 1980.

Les restaurants servaient principalement des hamburgers et des frites dans un décor rappelant une arène de lutte. «Il y avait des photos de lutteurs partout», se souvient le commentateur sportif Rodger Brulotte.

«La boulette de steak haché était carrée comme un ring de lutte», a ajouté Pat Laprade, coauteur du livre «À la semaine prochaine, si Dieu le veut».

Lors du lancement de la chaîne en mars 1988, Mad Dog Vachon et ses partenaires ambitionnaient d'ouvrir une dizaine d'établissements. Le lutteur affirmait même qu'il n'avait pas peur de la concurrence de McDonald's.

Le premier Mad Dog Burger avait ouvert ses portes sur la rue Sainte-Catherine, à Montréal. Le second s'était installé sur la rue Masson, toujours dans la métropole, et un troisième établissement avait vu le jour à Place d'Armes, dans le Vieux-Montréal.

Les trois restaurants étaient des établissements franchisés. Mais malgré quelques projets, l'enseigne n'est finalement jamais sortie de la métropole en raison de ses débuts chancelants.

«Ça n'a pas fonctionné bien longtemps. Les sportifs ou les artistes, qui ont une grande notoriété et qui l'utilisent en affaires, ne sont pas forcément de grands entrepreneurs», a commenté Pierre Garceau, président-directeur général du Conseil québécois de la franchise.

Fermeture en 1989

Les trois restaurants non rentables sont disparus en 1989, à la suite d'une réorganisation des activités survenue un peu plus d'une année après le lancement de la chaîne.

Une entreprise détenue par le principal actionnaire de Mad Dog Burger, l'avocat Jean-Marc Béliveau, ancien chef de l'Union nationale, avait même fait l'objet de poursuites en raison de travaux impayés dans les restaurants.

«Plusieurs sportifs et artistes ont perdu beaucoup d'argent dans ce genre d'aventures», a poursuivi M. Garceau. Il a souligné que lors de la création de Mad Dog Burger, la formule de la franchise connaissait une période d'effervescence.

Mad Dog Vachon, qui venait de prendre sa retraite à l'époque, jouissait d'une réputation enviable. «Mad Dog était devenu une marque de commerce. Il était partout, à la télé, à la radio, dans des émissions et des commerciaux», a dit Pat Laprade.

Maurice Vachon n'est pas le seul sportif à avoir associé son nom à une entreprise, dans la restauration ou dans d'autres secteurs. «Certains ont réussi, d'autres pas», a commenté Rodger Brulotte, déplorant que trop de sportifs se soient fait exploiter en affaires.

Heureusement, certains athlètes ont connu du succès en affaires. Pendant des années, les hockeyeurs Émile Bouchard et Henri Richard ont respectivement exploité un restaurant et une brasserie. Guy Lafleur et le pilote automobile Jacques Villeneuve ont aussi fait un passage dans le domaine de la restauration.



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