Louis Gagné
Agence QMI

Un sujet de préoccupation pour les Québécois


Louis Gagné

QUÉBEC - Cinq ans après la fin des travaux de la Commission Bouchard-Taylor, la question des accommodements raisonnables demeure un sujet de préoccupation pour une importante majorité de Québécois.

C'est ce qui ressort d'un sondage de la firme Léger Marketing réalisé pour le Secrétariat aux institutions démocratiques et à la participation citoyenne et dont TVA Nouvelles a obtenu copie.

Le coup de sonde révèle que trois Québécois sur quatre estiment que les accommodements religieux représentent un enjeu aussi important ou plus important qu'en 2007, lorsque le gouvernement Charest a mis sur pied la Commission de consultation sur les pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles.

Une proportion similaire de répondants (78 %) croit également que la question des accommodements religieux est toujours d'actualité, un taux qui atteint 82 % chez les francophones.

«C'est un dossier qui, dans la tête des Québécois, n'est pas encore résolu, a expliqué le vice-président de Léger Marketing, Christian Bourque. Les Québécois auraient souhaité une conclusion à ce dossier-là il y a quelques années, mais elle n'est jamais venue. Donc ça reste un dossier ouvert qui peut revenir n'importe quand.»

Les résultats de l'enquête surviennent alors que le gouvernement Marois planche sur un projet de loi visant à créer une charte des valeurs québécoises.

Le dossier est piloté par le ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne, Bernard Drainville.

Malaise vis-à-vis des accommodements religieux

Le sondage met en lumière la tiédeur des Québécois vis-à-vis des accommodements religieux, un sentiment qui est encore plus marqué chez les francophones.

À titre d'exemple, 74 % des Québécois dont la première langue est le français croient que «les accommodements religieux nuisent au bon fonctionnement des institutions publiques», une proportion qui tombe à 54 % chez les non-francophones.

De plus, 57 % des Québécois d'expression française sont en accord avec l'idée qu'il faille «interdire tout signe religieux sur la place publique», contre 43 % chez les non-francophones.

Malgré cette réticence à l'endroit des symboles religieux, 58 % des Québécois se disent en accord avec la présence du crucifix à l'Assemblée nationale.

En outre, 70 % des répondants ont dit qu'ils étaient en accord avec l'idée voulant que «mettre un terme aux accommodements déraisonnables favorise la cohésion sociale et l'intégration».

Le coup de sonde révèle également que 89 % des Québécois francophones s'opposent à l'aménagement de lieux de prière dans les endroits de travail, tandis qu'une proportion semblable (83 %) se dit contre l'allocation de congés pour motifs religieux en dehors des jours fériés habituels.

Selon Christian Bourque, les résultats de l'enquête démontrent que les Québécois souhaitent que l'on définisse la façon dont la société doit se comporter envers les religions dans leur ensemble.

«C'est véritablement l'expression des symboles religieux dans l'espace public qui pose problème et avec laquelle les Québécois sont mal à l'aise», a-t-il fait valoir.

L'enquête de la firme Léger Marketing a été réalisée entre le 12 et le 17 mars auprès de 1506 citoyens choisis par le panel web Léger. Les répondants étaient tous âgés de 18 ans ou plus et pouvaient s'exprimer en français ou en anglais.

La marge d'erreur se situe à plus ou moins 2,53 % dans un intervalle de confiance de 95 %.



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