Edens Kenol coupable de meurtre au premier degré

Drame

 Photo Delf Berg / Agence QMI


Michael Nguyen

MONTRÉAL - Edens Kenol passera au moins les 25 prochaines années de sa vie au pénitencier. Au quatrième jour de délibération, le jury l'a condamné pour le meurtre au premier degré de sa femme Maria Altagracia Dorval.

«Coupable de meurtre au premier degré», a solennellement déclaré la jurée numéro 7 jeudi matin, au palais de justice de Montréal.

La peine pour ce crime - le plus grave dans le Code criminel - est automatique, et l'accusé de 37 ans a immédiatement été condamné à la prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant le 16 mai 2038.

Pendant plus d'un mois, les 12 jurés ont attentivement écouté la preuve. Car, si Kenol a tué à l'aide d'un couteau sa femme âgée de 28 ans le 17 octobre 2010, les problèmes avaient commencé bien avant.

Le couple s'était séparé deux mois plus tôt et Kenol aurait mal accepté cette rupture. Avant le meurtre, l'accusé avait appelé sa femme des centaines de fois. Cette dernière avait même appelé la police à plusieurs reprises, mais il n'y a jamais eu de suite à ses plaintes.

La semaine précédant le drame, Kenol était convaincu que sa femme s'était trouvé un nouveau compagnon.

«Je vais la tuer»

«Ma femme me trompe, je vais la tuer», aurait-il dit à une connaissance.

Après être passé à l'acte, Kenol a préparé deux testaments vidéo où il a avoué le meurtre. Le couple avait plus d'un million de dollars en assurance vie et le meurtrier voulait que l'argent soit réparti entre les trois enfants du couple.

Suite au verdict, le juge de la Cour supérieure Michael Stober a commenté les actes de l'accusé.

«Vous avez commis un acte de lâcheté, de violence, horrible, a déclaré le juge. Vous avez voulu contrôler et dominer votre ex-épouse, mais vous n'avez pas réussi.»

Debout dans le box, Kenol n'a pas eu de réaction. Le magistrat a poursuivi.

«À cause de [vos actes], vous avez privé vos enfants d'une mère, mais aussi de leur père, a poursuivi le juge. Vos avocats ont travaillé très fort pour vous, vous devriez les remercier.»

Car si Me Jacques Dagenais de la Couronne prétendait qu'il s'agissait d'un meurtre au premier degré, la défense avait plutôt plaidé que l'acte n'était pas prémédité.

Mes Patrick Davis et Anne-Marie Lanctôt avaient fait témoigner l'accusé. Si ce dernier avait admis avoir tué sa femme, il niait la préméditation. Selon lui, c'est sa femme qui l'aurait attaqué au couteau à cause d'une dispute, et c'est à ce moment qu'il l'aurait poignardée.

Cette version n'a visiblement pas été retenue par le jury.

Fait à noter, la Couronne avait plaidé que deux possibilités permettraient de conclure à un meurtre au premier degré: le crime devait avoir été prémédité ou avoir été commis dans un contexte de harcèlement.

Puisque les délibérations du jury sont secrètes, nous ne saurons jamais laquelle de ces options a été retenue.


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