La CAQ prône une approche «équilibrée»

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François Legault, le chef de la Coalition avenir Québec.  STEVENS LEBLANC / AGENCE QMI


Louis Gagné

QUÉBEC - Même si elle est d'accord avec plusieurs éléments du projet de loi 14 visant à modifier la Charte de la langue française, la Coalition avenir Québec demande au gouvernement Marois de reculer sur certaines mesures qu'elle juge contraignantes.

Tout en réitérant son profond attachement au français, la formation politique a proposé vendredi une approche plus «équilibrée» que celle mise de l'avant par le Parti québécois.

«C'est très important de protéger et de promouvoir la langue française, mais il ne faut pas le faire en manquant de respect à l'égard de la communauté anglophone, ni s'embarquer dans de la bureaucratie inutile», a affirmé le chef de la CAQ, François Legault.

Comme le laissait entendre une lettre envoyée il y a quelques jours aux bureaux d'association des députés caquistes, le parti va s'opposer à différentes mesures contenues dans le projet de loi 14, notamment celle qui retirerait le statut de ville bilingue aux municipalités comptant moins de 50 % d'anglophones.

Enfants de militaires

Le parti est également contre la mesure qui obligerait les enfants de militaires francophones à fréquenter l'école en français.

«Il n'est pas envisageable pour nous de défendre une mesure qui nuirait à la réussite scolaire de ces enfants et à leur capacité à s'intégrer ailleurs au Canada», a indiqué la porte-parole de la CAQ pour la Charte de la langue française, Nathalie Roy.

Cette dernière a ajouté que son parti était contre les restrictions imposées aux étudiants qui voudraient s'inscrire dans des cégeps anglophones.

La CAQ s'oppose aussi à l'imposition de nouvelles mesures administratives aux entreprises comptant moins de 50 employés. Elle souhaite plutôt les inciter à accorder une plus grande place au français en leur fournissant les outils de francisation dont elles ont besoin.

Contraignantes aux entreprises

François Legault a cependant indiqué qu'il n'excluait pas des mesures contraignantes aux entreprises où la situation du français n'évoluerait pas de façon satisfaisante.

La CAQ ne rejette pas le projet de loi 14 dans son ensemble. Elle s'est entre autres montrée favorable aux mesures destinées à améliorer l'immigration et l'intégration des 50 000 nouveaux arrivants qui débarquent chaque année au Québec. Le parti est également d'accord avec le principe visant à interdire les écoles passerelles.

Les auditions du projet de loi 14 modifiant la Charte de la langue française débuteront mardi en commission parlementaire.


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