Un employé se constitue un album photo de cadavres

Un employé de la morgue de Québec a été congédié par le gouvernement il y a un an pour s'être constitué une collection personnelle de photos de dépouilles dans son ordinateur, a confirmé mercredi la coroner en chef, Louise Nolet, lors d'une déclaration lue à la presse.

La Dre Nolet a indiqué que cet employé avait été dénoncé en octobre 2011, qu'elle en avait personnellement été informée le 15 octobre 2011, que l'employé avait été aussitôt suspendu et qu'une enquête avait aussi été initiée, en collaboration avec le ministère de la Sécurité publique.

«J'ai aussi appliqué toutes les mesures nécessaires afin que l'employé en question ne puisse plus avoir accès à nos locaux et au matériel normalement mis à sa disposition, a-t-elle ajouté. Il a été relevé de ses fonctions avec solde pour la durée requise afin de faire la lumière au sujet des allégations rapportées.»

Les vérifications faites auprès des autorités policières et du ministère de la Justice ont révélé que les gestes commis par l'employé n'étaient pas de nature criminelle, a assuré Mme Nolet, mais l'enquête «a confirmé un usage inapproprié par l'employé en cause du matériel informatique mis à sa disposition dans le cadre de ses fonctions régulières.»

La Dre Nolet a précisé que le matériel accumulé par l'employé n'était pas de nature pornographique.

L'employé a été congédié le 20 mars 2012 et tout le matériel récupéré a été détruit au terme de l'enquête.

«Les mesures d'utilisation du matériel informatique ont été resserrées», tout comme les critères d'embauche du Bureau du coroner, selon la coroner en chef, et des rappels réguliers «sont faits à tous les employés, à l'intérieur d'ateliers de sensibilisation à l'éthique, quant aux devoirs auxquels ils sont soumis dans le cadre de leurs fonctions».

Une source anonyme est venue témoigner mercredi matin dans l'émission Le négociateur, diffusée sur les ondes de LCN.

La personne congédiée «s'était fait une bibliothèque visuelle qu'il regardait quand ses collègues allaient dîner», a raconté cette source. Mais à l'été 2011, il se serait fait prendre en train de regarder des photos de tous les morts, a-t-elle ajouté, affirmant que le collègue pris sur le fait accompli avait fait l'objet d'une enquête, mais que l'affaire avait été «camouflée».

Au contraire, a rétorqué la Dre Nolet, le dossier avait été traité avec rigueur et les intervenants adéquats avaient été mis à contribution, selon elle.

La coroner en chef invite les personnes qui auraient connaissance de faits nouveaux sur le dossier à les communiquer avec la police.


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