Les artistes sont-ils en danger?

Après l'attentat du Métropolis - Les artistes sont-ils en danger?

Lady GagaPhoto Reuters


Raphaël Gendron-Martin

MONTRÉAL - Après l'attentat du Métropolis survenu l'automne dernier, on serait en droit de penser que toutes les salles de spectacle ont renforcé leurs mesures de sécurité. Or, il est encore possible d'entrer très facilement à certains endroits, sans aucun papier d'identité. Doit-on s'inquiéter pour notre sécurité et celle des artistes?

L'équipe de J.E. a voulu tester la facilité à entrer à l'intérieur de différentes salles de la métropole. Sa première cible? Le Centre Bell. L'amphithéâtre du Canadien accueille annuellement de nombreuses vedettes du monde de la musique.

Avec une facilité déconcertante, le caméraman Randolph Le Cavorzin a d'abord pu entrer dans l'enceinte, le soir du spectacle de Leonard Cohen, et se promener une dizaine de minutes derrière la scène. Personne ne lui a demandé de quitter les lieux.

À quelques mètres de Lady Gaga

Puis, il y a quelques jours, il a répété son manège, cette fois-ci avec la célébrité de l'heure : Lady Gaga. Encore une fois, il a pu s'approcher à quelques mètres de la chanteuse, en plein concert.

«Il ne s'est écoulé qu'une seule minute entre son entrée dans le Centre Bell et son arrivée à quelques mètres de Lady Gaga, a dit le coanimateur de J.E., Michel Jean. Si ça avait été quelqu'un d'armé, avec des intentions belliqueuses, il n'aurait pas pu la rater.»

L'équipe de J.E. a été surprise de voir avec quelle facilité on pouvait pénétrer dans l'enceinte, sans la moindre pièce d'identité. «Notre caméraman s'est fait demander sa carte à quelques reprises, mais il répondait qu'il l'avait laissée dans son sac et tout le monde le laissait aller», a indiqué Michel Jean.

Un faux régisseur

Du côté du Centre Bell, on a préféré ne pas répondre aux questions de J.E., se contentant d'envoyer un message par écrit. «Ils nous ont dit qu'il n'y avait eu aucun incident majeur qui était survenu là depuis 1996, a dit Michel Jean. Il y a plus de 1,8 million de spectateurs qui y sont allés sans que jamais rien ne se soit produit.»

À la salle Maurice-O'Bready, de Sherbrooke, le caméraman de J.E. a encore une fois pu entrer sans problème dans l'établissement. «Il avait un casque de régisseur sur la tête, a raconté Michel Jean. Il s'est rendu en coulisse jusqu'à Claudine Mercier et il lui a même donné le "cue" pour aller sur la scène.»

Bonne nouvelle toutefois, l'équipe de J.E. a été incapable d'entrer au Théâtre St-Denis, au Métropolis et à la Place des Arts, il y a quelques jours. «Il y avait des agents qui surveillaient chaque endroit.»

La sécurité de l'Olympia

Contacté par Le Journal de Montréal, le directeur de l'Olympia, Dominic Chartrand, mentionne que la sécurité est une priorité pour la direction. «Par contre, notre équipe de sécurité ne prévoit pas qu'un homme armé va entrer, a-t-il dit. Si quelqu'un entre avec un AK-47, il va pouvoir faire ce qu'il veut. On n'est pas l'armée américaine non plus.»

L'Olympia fait affaire avec la même équipe de sécurité que le Métropolis et un minimum de quatre agents est en place pour chaque spectacle. «Nous en avons déjà eu 35 pour un spectacle de hip-hop», a souligné M. Chartrand.

Les spectacles de hip-hop sont ceux qui nécessitent généralement le plus de sécurité. À l'Olympia, on n'hésite pas à faire installer des détecteurs de métal à l'entrée et à placer des agents avec des chiens. «C'est un effet dissuasif», a expliqué le directeur.

Communication avec la police

La sécurité du public et des artistes est primordiale pour la direction. L'an dernier, l'Olympia a annulé le spectacle de Young Jeezy, qui comprenait certains risques pour la foule.

«On travaille aussi toujours avec la police, a ajouté Dominic Chartrand. Chaque mois, je leur envoie la liste des spectacles avec le nom des producteurs et le nombre de spectateurs attendus. Il y a une constante communication entre la police et nous.»
L'émission de «J.E.» sera diffusée vendredi soir à TVA, dès 19h.

Ce qu'ils ont dit

«On n'est pas en train de dire qu'il faut armer les gens. Mais on doit se demander si des lieux publics comme ça sont suffisamment sécurisés pour les personnalités.»
- Michel Jean, coanimateur de «J.E.»

«Notre équipe de sécurité est prête pour 95 % des situations qui peuvent se produire. Mais si un forcené veut vraiment pénétrer dans une salle, ça va être difficile de l'arrêter. Je ne vois pas comment on aurait pu arrêter le forcené au Métropolis.»
- Dominic Chartrand, directeur de l'Olympia


Vidéos

Photos