Elle passe dix jours à raconter son enfer


Michaël Nguyen

MONTRÉAL - Difficile, épuisant et humiliant. Ces trois mots, Sandy (nom fictif) les a souvent répétés pendant ses 10 jours passés à raconter l'enfer qu'elle dit avoir subi aux mains de ses bourreaux.

La jeune Américaine de 25 ans a raconté en détail ce qu'elle a qualifié «d'enfer» au procès pour traite de personnes d'Evgueni Mataev, 39 ans, et de quatre coaccusés.

Le soir de sa rencontre avec Mataev, une dizaine de personnes l'auraient violée. Et le lendemain, Mataev l'aurait emmenée dans un appartement de la ville de Mont-Royal, où elle pouvait se faire violer jusqu'à 40 fois par jour, a-t-elle dit au jury.

Mais lors des sept derniers jours du procès, les avocats de la défense l'ont talonnée sur de nombreuses contradictions dans son témoignage.

Mercredi, Me Roucha Oshriyeh a relevé que si la victime a toujours dit vouloir revoir ses enfants aux États-Unis, elle n'avait jamais fait de demande de passeport. Sandy a de nouveau fondu en larmes.

«Dans l'état où je suis, je ne peux pas m'occuper d'eux, a lancé Sandy en pleurs. Une mère n'est pas censée craquer devant ses enfants, elle est censée s'en occuper. J'essaye de passer au travers de tout ça, d'étudier, de trouver un travail pour pouvoir les élever.»

L'avocate de la défense a ensuite rappelé que lors de son témoignage, Sandy avait été incapable de se rappeler l'année de naissance de ses trois enfants.

«Je ne peux même pas me souvenir de l'année où je me suis mariée (aux États-Unis)», a répliqué la victime, qui a été confrontée à ses oublis pendant sept jours de contre-interrogatoire par les cinq avocats de la défense.

Mais les viols sont encore vifs dans son esprit.

«Si vous étiez dans un hôtel à vous faire prendre par 20 à 30 gars, vous vous en souviendriez, non?» avait-elle lancé en boutade à la défense, au début de son contre-interrogatoire.

Sandy a fini de témoigner, mais de nouveaux témoins seront appelés à la barre, dès jeudi matin, au palais de justice de Montréal.

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