Enfants martyrisés: le bourreau Malenfant se dit lui-même victime

Dernière mise à jour: 13-02-2013 | 15h56

MONTRÉAL - Déclaré coupable mardi de voies de fait pour avoir martyrisé deux gamins qui lui étaient confiés en famille d'accueil, un homme de Sainte-Françoise, dans le Bas-Saint-Laurent, portant le patronyme de Malenfant, se dit accusé faussement.

Langis Malenfant, 54 ans, a toutefois selon la preuve présentée lors de son procès, imposé de graves sévices corporels à deux garçons pris en charge par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) qu'il hébergeait chez lui dès 2001. Les enfants avaient à l'époque 8 et 10 ans.

Durant quatre ans, l'accusé qui s'est transformé en bourreau a battu, étouffé, violenté et martyrisé les garçons.

Il leur a imposé des punitions, les a frappés à coups de ceinture puis enfermés dans leur chambre, les a contraints à s'agenouiller longuement sur une grille de chauffage, a photographié leurs organes génitaux pour ensuite s'en moquer, les a envoyés à l'école avec des slips souillés d'excréments, les faisait dormir au froid dehors, etc. La liste des humiliations et des mauvais traitements n'en finit plus.

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«J'ai été accusé sans preuve, seulement sur ce que les jeunes ont dit, a soutenu Langis Malenfant, durant l'émission «Le négociateur», mercredi. J'ai des preuves que ce n'est pas vrai.»

Pour faire pitié

«La célèbre grille de chauffage, c'est une grille d'entrée d'air froid que le jeune s'est mis lui-même à genoux dessus pour se faire plaindre à l'école, a dit l'accusé. Toutes les fois qu'ils se plaignaient à l'école, ils étaient récompensés, car ils faisaient pitié. Ce sont des jeunes avec des troubles d'attachement graves qui demandent tout le temps.»

Les enfants avaient d'ailleurs raconté leurs malheurs à leurs enseignants qui se sont plaints à plusieurs reprises au travailleur social qui s'occupait d'eux. Malgré deux suspensions de son permis de famille d'accueil, la DPJ continuait à confier des mineurs à Langis Malenfant et son épouse.

«J'ai perdu mon permis, mais toujours à cause d'eux, a plaidé le quinquagénaire. J'ai toujours eu de la misère avec eux.»

Les garçons, aujourd'hui adultes, ont porté plainte contre leur tortionnaire en 2010. Malgré leur parcours chaotique versé dans le crime - ils sont d'ailleurs tous les deux derrière les barreaux - le juge a cru leur histoire d'horreur.

«Il aurait fallu qu'il vérifie plus les faits, a poursuivi l'accusé. J'aurais pu avoir un paquet de témoins.»

«Pourquoi n'ont-ils pas témoigné lors de votre procès?» a questionné Claude Poirier, visiblement irrité.

«Il faut demander à mon avocat», a rétorqué Langis Malenfant qui s'est alors lancé dans la litanie de ses maladies pour justifier son manque de préparation en cour.

Déjà des chenapans

«Je suis en arrêt de travail, a-t-il aussi soutenu pour expliquer que sa femme n'a pas témoigné en sa faveur à la barre. Ça prend quelqu'un qui travaille, car il n'y a plus de revenu à la maison.»

Sa fille adoptive s'est toutefois portée à sa défense au tribunal. Le juge n'a pas cru sa version ni celle de l'accusé qui a nié tout ce que les deux plaignants lui reprochent.

«J'ai des enfants qui m'aiment. Je me demande comment mon jeune va faire pour vivre ça à l'école», a dit Langis Malenfant qui a aussi affirmé qu'il avait vécu une horrible nuit.

L'homme ne semble pas se sentir coupable d'avoir probablement hypothéqué à jamais la vie de ses deux victimes. D'après ses dires, même jeunes, les enfants étaient déjà des chenapans.

«Si vous questionnez du monde de la place, ils rentraient dans les maisons et se servaient. Ce sont des témoins que j'aurais dû amener en cour», a déploré M. Malenfant qui demeure libre jusqu'à son retour en cour le 25 mars lors des représentations sur la peine.


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