Les détenus se rebellent à la prison de Saint-Jérôme


Jean-Marc Gilbert

Dernière mise à jour: 10-02-2013 | 16h35

Une poignée de détenus du Centre de détention de Saint-Jérôme ont fait craindre le pire au personnel de l'établissement lorsqu'ils se sont rebellés pour faire du grabuge à l'intérieur et à l'extérieur de la prison, samedi soir.Pour une raison inconnue, au moins une douzaine de détenus se sont soulevés et ont commencé à chahuter, peu avant 21 h. Certains sont même sortis dans la cour de la prison, où un feu a été allumé.

Des policiers municipaux et la Sûreté du Québec (SQ) ont été contactés, mais ces derniers n'ont finalement pas eu à intervenir, puisque le groupe tactique de la prison a été suffisant pour calmer les ardeurs des détenus récalcitrants.

«Le personnel à l'intérieur a finalement réussi à reprendre le contrôle au bout de 20 minutes. Nous étions sur un pied d'alerte, mais notre intervention n'a pas été requise», a résumé le sergent Daniel Thibaudeau, porte-parole de la SQ, dimanche matin.

«Les détenus ont par la suite regagné leurs cellules respectives cinq minutes plus tard», a-t-il ajouté.

Aucun détenu n'a été blessé lors de cet épisode qualifié de «rébellion» par les policiers municipaux.
Rappelons que plus tôt cette semaine, une quinzaine de détenus d'une aile à sécurité maximale de la prison de Hull, à Gatineau, se sont barricadé après avoir refusé de regagner leurs cellules, en matinée. Aucun blessé n'avait été signalé, mais les dégâts matériels étaient jugés importants. Les détenus s'étaient finalement rendus quelques heures plus tard.

Problème de surpopulation

En entrevue à «LCN», dimanche matin, le président du syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec, Stéphane Lemaire, a dénoncé l'inaction du gouvernement en ce qui concerne la surpopulation dans les prisons du Québec.

«Nous demandons depuis longtemps plus d'espaces de travail. Le gouvernement veut qu'on mise sur la réhabilitation (...), mais nous n'avons pas le temps de le faire puisqu'on passe notre temps à gérer le trafic des détenus qui entrent et qui sortent», a-t-il expliqué, faisant notamment référence à ceux qui purgent des sentences lors des week-ends.

De son côté, le ministre de la Sécurité publique Stéphane Bergeron a admis qu'il y a actuellement un problème de surpopulation dans les établissements carcéraux.

«On vit un problème de surpopulation carcérale et lorsqu'il y a promiscuité, c'est toujours source de tension et la tension c'est toujours susceptible d'occasionner des problèmes à la fois entre les détenus et avec le personnel correctionnel», a-t-il expliqué.
Bien qu'il ait avoué que la situation est problématique, le ministre s'est fait peu rassurant quant à la suite des choses.

«Il y a des plans qui sont sur la table pour faire en sorte de composer avec l'actuelle surpopulation carcérale, mais je ne vous cacherai pas que ce qui risque de découler de l'application des dispositions de C-10 va accentuer davantage le problème.»

Finalement, le président du syndicat, M. Lemaire, a expliqué qu'il y a plusieurs raisons pour lesquelles des détenus décident de défier les autorités.

«On parle parfois de drogue ou d'alcool frelaté [qui peut influencer le comportement des détenus.] L'enquête va démontrer ce qui s'est passé du côté de Saint-Jérôme, mais c'était un début d'émeute, au fond», a-t-il mentionné.

Il a ajouté que le groupe de détenus étaient «des criminels notoires» et que les «leaders» du groupe de récalcitrants seront probablement punis. Ils pourraient par exemple être «placés en isolement».


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