Grave effondrement de terrain à L'Épiphanie

L'ÉPIPHANIE - Deux camions de chargement et une pelle mécanique ont été emportés mardi matin lors d'un affaissement de terrain survenu dans la carrière de l'entreprise Maskimo à L'Épiphanie, dans Lanaudière.

Deux travailleurs manquaient toujours à l'appel et étaient toujours ensevelis mardi soir sous des dizaines de mètres cubes de terre glaiseuse.

L'un d'eux, Daniel Brisebois, est un employé d'Excavation G. Allard, un sous-traitant œuvrant à cet endroit. Une travailleuse originaire de Bois-des-Filion est également coincée sous la terre.

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Un travailleur qui a pu s'échapper de sa pelle mécanique in extremis, s'en est tiré sans blessures graves. Celui-ci a attendu de longues minutes, coincé au fond de la carrière, avant d'être hélitreuillé vers 12 h 15 par l'hélicoptère de la Sûreté du Québec. Le travailleur a utilisé son téléphone portable pour communiquer avec les secours.

Les autorités ont confirmé vers 20 h 30 l'arrêt des recherches. Le sergent Benoît Richard de la Sûreté du Québec a fait savoir que les opérations reprendraient seulement mercredi matin sous la supervision de la municipalité et du Service des incendies de Repentigny. La SQ, la CSST, le ministère de la Sécurité publique et la Sécurité civile poursuivront leur enquête.

La sécurité des équipes de recherche a empêché la poursuite du ratissage du fond de la carrière.

«Nous sommes rendus à l'étape de descendre de l'équipement lourd au fond de la carrière, pour pelleter la boue et poursuivre les recherches. Avec l'ensemble des partenaires impliqués dans l'opération, nous avons convenu que ce n'est pas un environnement sécuritaire pour amener la machinerie lourde au fond de la carrière. Une procédure de travail sécuritaire sera établie mercredi matin», a indiqué le sergent Bruno Marier, porte-parole pour le Service des incendies de Repentigny

Selon Denis Robitaille, géologue au ministère de la Sécurité publique, les sols sont toujours instables au cœur de la zone de recherche. «Une couche d'argile de 2 à 3 mètres d'épaisseur reposait sur le roc et une opération de décapage des sols était en cours, ce qui a été un facteur aggravant de l'affaissement. Il reste encore des sols instables, il faut donc assurer la sécurité des travailleurs avant d'aller plus loin», a-t-il expliqué.

Un important périmètre de sécurité a été établi autour de la carrière située au 861, rang de l'Achigan sud. À l'arrivée des services d'urgence mardi matin, le sol instable entourant la carrière continuait de s'effondrer, rendant les tentatives de sauvetage délicates.

Les opérations de sauvetage manuelles ont débuté vers 13 h près des deux camions ensevelis, pour tenter de localiser les deux travailleurs manquant à l'appel. On a aussi fait appel à des maîtres-chiens.

«On a vérifié la cabine d'un camion à laquelle on a réussi à accéder, toutefois il n'y avait personne à l'intérieur», a mentionné Benoit Richard de la Sûreté du Québec, lors d'un point de presse mardi en fin de journée.Selon les estimations des pompiers, la coulée de terre et de glaise est de plus de 91 mètres (300 pieds) de profondeur.

Selon Yuane Desfossées, responsable des ressources humaines chez Maskimo, l'heure n'est pas à trouver les causes de l'effondrement, mais plutôt à venir en aide aux employés et aux familles.

«Nous avons mis en place toutes les mesures pour soutenir les employés de Maskimo et du sous-traitant. Nous offrons et offrirons tout le soutien dont auront besoin les familles», a-t-elle soutenu dans un court point de presse mardi soir.

L'entreprise, qui collabore aux recherches, continuera à aider les différents services d'urgence.



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