Quand le jeu tourne au drame


Isabelle Dorais

GRANBY - Un enfant de 13 ans a plaidé coupable cette semaine au palais de justice de Granby, à une accusation de négligence criminelle pour avoir aspergé d'essence son ami le 11 juillet dernier.

La victime, Marc-Antoine Paulin doit vivre aujourd'hui avec les graves conséquences de ce jeu de type «Jackass». L'adolescent de 13 ans a en effet été brûlé au troisième degré sur 65% de son corps.

Trois jeunes, dont Marc-Antoine, s'amusaient sur un balcon au deuxième étage d'un immeuble à logements avec de l'essence. Au tribunal cette semaine, ils ont admis avoir consommé de la marijuana et inhalé des vapeurs d'essence pendant leur jeu. Ensuite, le meilleur ami de Marc-Antoine l'a aspergé d'essence. Il s'est instantanément transformé en torche humaine. «Il aurait pu mourir, raconte sa mère, Stéphanie Doré. Il était entre la vie et la mort quand il est arrivé à Sainte-Justine. On aurait pu le perdre n'importe quand.»

Devant le tribunal, les acteurs de ce drame ont admis que jamais l'accusé n'a voulu blesser son ami, que ce n'était qu'un jeu.

Des cascades de plus en plus périlleuses

Internet regorge depuis de nombreuses années de dangereuses prouesses. Phénomène inquiétant: la «Jackass attitude», comme on la nomme, fait ses adeptes au Québec.

«Marc-Antoine nous a dit qu'il ne savait pas que le feu pouvait faire ça à un corps humain. Tu regardes ça, Jackass, ils sont entourés de professionnels. Ils ont des vêtements ignifuges. Les jeunes qui voient ça, ils ont juste un chandail et se disent: "Je vais faire pareil!" C'est ça la différence entre la télévision et le réel», insiste le beau-père de Marc-Antoine, Dany Roy.

Des jeunes exécutent des cascades dans le but de faire rire ou de repousser les limites du supportable. «On n'est pas nécessairement méchant. On est tout simplement inconscient de ce qui va se passer, des dommages, de la gravité. On ne le voit pas. On ne nous l'a jamais montré à l'écran le dommage qui peut se produire quand on manque notre coup», explique l'expert et chercheur chez Édupax, Jacques Brodeur. Dans certains cas, la fin est tragique.

Prochaine étape

L'accusé de 13 ans reviendra en cour le 5 avril. Les avocats entreprendront alors les représentations pour la peine.

Marc-Antoine et sa famille ont accepté de nous rencontrer cette semaine. Un récit bouleversant, ce soir 19h à J.E.



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