Un ex-Rock Machine écope de 20 ans de prison


Marianne White

Dernière mise à jour: 25-01-2013 | 15h11

QUÉBEC – Marcel «Le Maire» Demers a écopé vendredi d’une peine de pénitencier de 20 ans pour son implication dans la guerre des motards qui a ébranlé le Québec dans les années 1990.

En retranchant sa détention provisoire ainsi qu’une partie d’une peine purgée en lien avec la guerre des motards, Demers a pris le chemin du pénitencier pour 12 ans et demi.

L’homme de 56 ans avait plaidé coupable en novembre à une accusation de complot pour meurtres entre 1996 et 2000.

Demers était, avec Frédéric Faucher, un membre influent du chapitre de Québec des Rock Machine.

Il a admis avoir donné des informations au tueur à gages Gérald Gallant pour commettre des meurtres durant la guerre qui a opposé des Hells Angels aux Roch Machine pour le contrôle de territoires dans le trafic de drogue.

Faucher, qui a également plaidé coupable en novembre à une accusation de complot pour meurtres, a été condamné à 23 ans de pénitencier.

Faucher et Demers ont admis avoir commandé 12 meurtres à Gallant, qui a retourné sa veste en 2006 et est devenu délateur.

Victime innocente

Le juge Claude C. Gagnon a souligné que cette guerre a fait des victimes innocentes et étrangères aux activités criminelles.

Il a notamment rappelé le cas de Luc Bergeron, un père de famille tué par erreur en 1999.
Bergeron avait eu le malheur de louer un logement où habitait anciennement un membre des Hells Angels, Jonathan Robert.

Le juge a souligné que Bergeron avait été victime d’une «affreuse erreur» et qu’un nuage avait longtemps flotté au-dessus de sa tête, car personne ne savait, avant que Gallant l’avoue, pourquoi il avait été abattu froidement en sortant de son domicile.

La femme, la sœur et la mère de Bergeron étaient présentes dans la salle vendredi matin. Elles ne se sont pas adressées au juge, mais la conjointe de Bergeron l’a fait lorsque Demers a plaidé coupable et elle avait relaté l’enfer qu’elle et sa fille ont vécu.

«(La famille) avait besoin de faire en sorte que les faits soient rectifiés. Ça mérite d’être souligné que cet homme n’avait rien à voir avec le crime organisé», a dit la procureure de la Couronne, Me Geneviève Lacroix.

«Pour eux, c’est une page qui se tourne», a-t-elle ajouté.

Excuses

Demers a pris brièvement la parole vendredi pour présenter des excuses aux familles qu’il a brisées, dont celle de Bergeron.

«Je regrette et je leur demande pardon», a dit Demers en sanglotant.
Son avocat, Me Jacques Larochelle, a souligné la réhabilitation «exemplaire» de son client qui a pris ses distances du crime organisé depuis sa sortie de pénitencier en 2006 après avoir purgé une peine pour trafic de stupéfiants.

Demers a occupé un travail pour une compagnie de protection incendie depuis 2006 et a renoué des liens avec son fils qu’il a négligé pendant des années.

Lorsqu’il a été libéré en 2011 en attendant son procès dans ce dossier, Demers est d’ailleurs allé habiter chez son fils.

«J’espère que vous appréciez ces moments et que ça vous fait réaliser les dommages que vous avez causés aux familles qui ont été décimées», lui a dit le juge Gagnon.

Un autre co-accusé dans le cadre de l'enquête baptisée Baladeur, Jean-Claude Gagné, a été condamné en novembre dernier à 15 ans d'emprisonnement après avoir plaidé coupable à deux accusations de complot pour meurtre.

Le reste des individus accusés dans cette affaire revient en cour le 4 mars.


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