Richard Bain se dit apte à subir son procès


Michael Nguyen

Dernière mise à jour: 11-01-2013 | 15h24

MONTRÉAL - Même si son évaluation psychiatrique n’est pas en anglais, Richard Henry Bain, meurtrier allégué du Métropolis, dit l’avoir lu, et qu’il est apte à comparaître «à 75 %».

«Le rapport dit que je suis apte à 75 %, alors qu’une province peut se séparer avec 50 %», a lancé Richard Henry Bain au juge, vendredi midi, semblant vouloir aller de l’avant avec sa cause.

Mais le rapport de l’évaluation psychiatrique ayant été rédigé en français, et Richard Henry Bain ayant demandé une évaluation en anglais, le juge Jean-Paul Braun a donc dû reporter la cause, le temps qu’un traducteur officiel traduise le document de quatre pages.

Ce n’est pas la première fois que la cause est reportée. Le mois dernier, son avocate, Me Elfriede Duclervil, avait annoncé des délais, puisque son client refusait de parler à une psychiatre francophone.

Le meurtrier allégué du technicien Denis Blanchette, le soir du 4 septembre dernier, a été très volubile, comme à chacune de ses apparitions au palais de justice de Montréal. Cette fois, il a affirmé ne pas avoir d’argent.

«Mon avocate (de l’aide juridique) est avec moi depuis le 6 septembre, elle sait que je suis fauché», a-t-il expliqué en anglais.

Or, l’aide juridique a évalué qu’il avait trop d’argent pour être défendu aux frais de l’État. L’avocate a donc demandé formellement de se retirer du dossier, mais le juge n’a pas acquiescé à sa demande, du moins pour le moment.

«Je veux que quelqu’un m’aide à ouvrir un site internet pour lever des fonds et combattre les diaboliques séparatistes», a plus tard annoncé l’accusé, qui dit être Québécois, avec des racines anglaises et écossaises.

Bain s’est même permis quelques pointes d’humour, demandant à une illustratrice judiciaire de le dessiner avec un sourire. «Oui je souris, lui a-t-il lancé, mais je me bats pour mes droits.»

Sécurité

Même s’il dit ne pas avoir peur de la mort, il semblerait que Bain ait des craintes pour sa sécurité. Détenu préventivement à Rivière-des-Prairies, il était en «protection», mais les autorités carcérales l’ont remis avec le reste de la population des détenus, à son grand désarroi.

«Je suis heureux (en protection), a-t-il lancé. Cette semaine, ils m’ont mis avec d’autres détenus. Je n’ai pas peur de la mort mais je ne veux pas être dans la section G».

La Couronne, représentée par Me Éliane Perreault, a expliqué que Bain avait eu des contacts avec l’extérieur afin de donner des entrevues, mais le magistrat a finalement recommandé que l’accusé demeure en protection, pour des questions de sécurité.

Accusations graves

Bain fait face à de nombreuses accusations en lien avec la dernière soirée électorale, lorsque Pauline Marois avait été élue première ministre.

Le résident des Hautes-Laurentides fait face à 16 chefs d’accusation, dont le meurtre prémédité du père de famille Denis Blanchette, et d’avoir tenté de tuer un autre technicien, Dave Courage. Il aurait également essayé de tuer un témoin et un policier.

Il est aussi accusé d’avoir causé par le feu des dommages au Métropolis et de possession de bidons d’essence et de fusées routières, ainsi que de neuf chefs concernant l’usage illégal d’armes à feu.

Enfin, il fait face à diverses accusations concernant l’arsenal trouvé chez lui. Dix-sept armes ont en effet été récupérées à son domicile de la Conception. Le soir de la tragédie, il aurait eu sur lui un pistolet 9 mm et une carabine semi-automatique Ceska Zbrojovka.


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