300 extraits téléphoniques en preuve


Jean-François Desbiens

SHERBROOKE - Le procès de trois personnes accusées d'avoir participé à un cartel de l'essence mis au jour par le Bureau de la concurrence en Estrie s'est ouvert mardi au palais de justice de Sherbrooke.

Les accusés sont deux propriétaires de stations-services, Linda Proulx, du dépanneur Petro-Canada à Magog, et Michel Lagrandeur, qui possède un garage Shell à Magog, et Yves Gosselin, qui était représentant pour la pétrolière Irving et responsable d'une quarantaine de détaillants.

Au soutien de sa preuve, le procureur fédéral fera entendre plus de 300 extraits de conversations téléphoniques interceptées grâce à de l'écoute électronique, effectuée entre avril 2005 et mai 2006.

La façon dont le complot s'opérait est simple : à 10h le matin, des détaillants de Sherbrooke recevaient un appel afin de hausser les prix à la pompe. Un mouvement concerté des prix à la hausse était ainsi suivi par les stations-services de Magog en fin de journée.

Deux employés plaident coupables

Avant même que le procès ne débute mardi matin, deux employées d'un dépanneur station-service Pétro-Canada ont décidé de couper court aux procédures en plaidant coupable.

Valérie Houde et Sylvie Fréchette se trouvaient complètement en bas de la pyramide et ne faisaient qu'exécuter les ordres qui venaient d'en haut, a indiqué leur avocat.

Avant mardi, huit personnes avaient déjà plaidé coupable. Quatre avaient été condamnées à des peines d'emprisonnement dans la communauté de quatre à douze mois.

Sept d'entre elles ont écopé d'amendes variant de 5 à 25 000 $.

Le procès de Linda Proulx, Michel Lagrandeur et Yves Gosselin pourrait durer environ trois à quatre semaines.


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