Magnotta, attentat et mafia

2012 | Faits divers marquants - Magnotta, attentat et mafia

Luka Rocco Magnotta, celui que l'on a surnommé le «dépeceur».Photo courtoisie SPVM


Maxime Deland

MONTRÉAL - Luka Rocco Magnotta est sans aucun doute celui qui aura le plus marqué le monde des faits divers en 2012 au Québec.

À la fin du mois de mai, il se serait filmé en train de tuer et de démembrer Jun Lin, un étudiant chinois de 33 ans de l'Université Concordia, pour ensuite publier la vidéo sur internet.

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Si sa carrière de mannequin et d'acteur porno ne lui a pas permis d'être connu internationalement, il y est parvenu par la voie criminelle : au cours des 24 premières heures de «l'affaire Magnotta», pas moins de 1300 articles ont été publiés dans les médias de près de 40 pays.

Celui que l'on a surnommé le «dépeceur» est soupçonné d'avoir assassiné Jun Lin dans son minuscule appartement du quartier Côte-des-Neiges, à Montréal, et d'avoir fui le pays après le crime. Une chasse à l'homme mondiale a ensuite été mise en branle pour lui mettre la main au collet.

Magnotta aurait séjourné quelques jours en France, avant de se rendre en Allemagne. C'est finalement dans un café de Berlin que la cavale de Magnotta a pris fin, après qu'il eut été reconnu par un client de l'endroit. Son arrestation est survenue le 4 juin, moins d'une semaine après la découverte du corps démembré de Jun Lin.

Avant d'être arrêté, Magnotta aurait posté certaines parties du corps de sa victime à des partis politiques fédéraux, ainsi qu'à deux écoles de Vancouver. La tête de Jun Lin a quant à elle été trouvée en bordure d'un étang, dans le parc Angrignon, à Montréal.

Magnotta a depuis été accusé de meurtre prémédité, d'outrage à un cadavre, de diffusion de matériel obscène, de corruption de moeurs et de harcèlement criminel à l'endroit du premier ministre Stephen Harper. Son enquête préliminaire aura lieu en mars 2013, lorsqu'un juge devra déterminer si la preuve contre lui est suffisante pour qu'il soit cité à procès.

Soirée électorale meurtrière

Ce qui devait être un moment historique a pris une tournure tragique. Pendant que la nouvelle première ministre Pauline Marois prononçait son discours de victoire en cette soirée électorale du 4 septembre, à l'extérieur du Métropolis, deux techniciens de scène tombaient sous les balles.

Armé jusqu'aux dents, Bain aurait tiré une seule balle avant que son arme ne s'enraye à l'arrière du Métropolis. Le projectile a tué Denis Blanchette sur le coup, en plus de blesser gravement Dave Courage. Richard Henry Bain aurait ensuite tenté d'incendier le Métropolis.

Le suspect de 62 ans a été appréhendé moins de deux minutes après l'attentat. Il fait face à 16 chefs d'accusation, dont de meurtre prémédité, de tentative de meurtre et d'incendie criminel.

Puisque son évaluation psychiatrique n'a pas encore été complétée, la cause a été reportée au 11 janvier.

Sanglante lutte de pouvoir dans la mafia

Encore cette année, la lutte de pouvoir sans merci au sein du crime organisé italien a fait couler beaucoup de sang. Le niveau de violence est loin de s'être estompé depuis la sortie de prison au début octobre du présumé parrain de la mafia montréalaise, Vito Rizzuto.

Plusieurs experts s'entendent d'ailleurs pour dire que Rizzuto, 66 ans, serait passé en mode vengeance et s'affairerait à éliminer ceux qui lui ont manqué de loyauté pendant son incarcération.

Parmi les acteurs du crime organisé italien ayant été rayés de la carte en 2012, le plus important est sans doute Joseph «Joe» Di Maulo, abattu de deux balles dans la tête au moment où il descendait de son véhicule devant chez lui, à Blainville.

Bien que très discret, Joe Di Maulo se voulait une figure importante de la mafia montréalaise.


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