22 enquêtes sont en cours au Québec


Éric Thibault

Dernière mise à jour: 19-12-2012 | 14h08

MONTRÉAL – L'Unité permanente anticorruption mène présentement 22 enquêtes dans la province après avoir reçu un déluge de signalements du public au cours des derniers mois.

C'est ce que le commissaire Robert Lafrenière, grand patron de l'UPAC, a fait savoir lors d'un point de presse à Montréal, mercredi matin. Ces 22 enquêtes «actives» de l'UPAC laissent présager que l'année 2013 risque elle aussi de lever le voile sur un lot de scandales et de magouilles dans l'attribution de généreux contrats publics.

Le nombre de signalements, de plaintes et de renseignements communiqués à l'UPAC par la population a explosé au cours de l'année 2012. On en comptait 146, au 31 mars dernier, selon le rapport annuel de gestion 2011-2012 du commissaire à la lutte contre la corruption, d’après Le Journal de Montréal.

Or, en date de mercredi, ce nombre s'élève à 836 signalements.

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«Je dois souligner l'apport inestimable des citoyens qui sont nos yeux et nos oreilles», a commenté le commissaire Lafrenière, en dressant un bilan retentissant des travaux de l'UPAC en 2012.

Cette année, les enquêteurs de l'escouade Marteau ont appréhendé 43 personnes qui ont été accusées de fraude, d'abus de confiance, de corruption de fonctionnaire, de complot ou de production de documents contrefaits.

C'est sept fois plus que durant la première année d'existence de l'UPAC, créée le 18 février 2011 par le gouvernement Charest dans la foulée des nombreuses révélations de corruption et de collusion rapportées dans les médias.

Treize entreprises ont également été accusées au criminel, en plus de se retrouver dans le collimateur de Revenu Québec.

Résultats probants

Le commissaire Lafrenière s'est dit «satisfait» des «résultats probants» de cette «lutte concertée» contre la corruption, la collusion et la malversation entourant l'attribution des contrats publics.

Après une première année où elle a encaissé des critiques parce que les résultats tardaient à venir, l'UPAC a finalement pris son élan en 2012, notamment avec l'aboutissement de plusieurs enquêtes majeures.

Deux maires ont été appréhendés — Richard Marcotte, à Mascouche, et Michel Lavoie, à Saint-Rémi — et l'ex-maire de Laval, Gilles Vaillancourt, fait l'objet d'une enquête qui a donné lieu à une dizaine de perquisitions cet automne et qui l'a incité à démissionner.

L'ex-numéro 2 à la Ville de Montréal, Frank Zampino, des fonctionnaires municipaux et des organisateurs de partis politiques ont aussi été accusés. Plusieurs entrepreneurs en construction importants, dont Tony Accurso, Paolo Catania et Normand Trudel, devront aussi se défendre d'accusations devant la justice.


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