Le maire de Saint-Rémi et son fils arrêtés par l'UPAC


Avec David Penven

Dernière mise à jour: 14-12-2012 | 14h42

SAINT-RÉMI - Michel Lavoie, le maire de Saint-Rémi, en Montérégie, depuis 2005, a été arrêté dans sa résidence vendredi matin par l'Unité permanente anticorruption (UPAC).

Des chefs d'accusation d'abus de confiance, de fraude et de complot pèsent contre lui.

Son fils, Sébastien Lavoie, 36 ans, ainsi que Dominic Dorais, le président de l'entreprise Construction Dorais inc., ont également été arrêtés par l'UPAC. Des accusations de fraude et de complot ont notamment été déposées contre eux.

Les trois individus ont été conduits au quartier général de la Sûreté de Québec, à Montréal. Ils devaient être interrogés puis libérés sous promesse de comparaître, en mars 2013. L'entreprise Construction Dorais inc. fait également face à des accusations de fraude.

Soupçonné d'être impliqué dans un important réseau de corruption et de collusion, le maire Lavoie était dans la mire des policiers de l'escouade Marteau depuis plus de deux ans. Plusieurs perquisitions avaient été effectuées à son domicile ainsi qu'à l'hôtel de ville de Saint-Rémi, en juillet 2010.

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L'Unité permanente anticorruption avait mis fin à l'enquête en avril dernier, mais les conclusions n'avaient pas été dévoilées.

Le maire aurait avantagé des proches et des partenaires d'affaires dans l'exercice de ses fonctions. Il aurait fait modifier le zonage d'un terrain appartenant à Construction Dorais dans le but de construire une résidence pour personnes âgées.

Michel Lavoie aurait également manipulé des appels d'offres et contourné des règles d'attribution de contrat.

Surpris, le député Therrien continue d'épauler Saint-Rémi

«Je ne suis pas dans le secret des dieux. J'ai appris la nouvelle comme tout le monde ce matin et j'ai été surpris, pour ne pas dire un peu en état de choc. On savait que Marteau avait perquisitionné à l'été 2010 (à l'hôtel de ville et la résidence du maire), mais on commençait à oublier ce qui s'était passé.»

C'est en ces termes que le député péquiste de Sanguinet, Alain Therrien, a commenté l'arrestation, vendredi matin, par l'Unité permanente anticorruption (UPAC) du maire de Saint-Rémi, Michel Lavoie, en compagnie de son fils Sébastien Lavoie et de l'entrepreneur Dominic Dorais.

Parce que cette municipalité fait partie de sa circonscription, M. Therrien a eu l'occasion de travailler avec le maire Lavoie sur certains dossiers.

«L'arrestation de M. Lavoie nous dit que personne n'est au-dessus des lois, a dit le député. Il faut laisser les enquêteurs faire leur travail. On voit que depuis l'arrivée du PQ, il y a beaucoup plus d'action pour lutter contre la corruption. C'est ce que les gens voulaient. L'intégrité demeure l'un des objectifs de notre gouvernement.»

Partira ou non

Parce que la loi 10, que plusieurs ont surnommée la loi Marcotte (en référence au maire de Mascouche, Richard Marcotte), n'a été pas adoptée, le maire Michel Lavoie peut théoriquement demeurer en poste malgré les sept chefs accusations portées contre lui.

«Nous voulions que la loi 10 soit adoptée avant les Fêtes, mais nous sommes minoritaires, a rappelé le député Therrien. La loi sera débattue en commission parlementaire et sera vraisemblablement adoptée en février ou mars.»

En vertu de cette loi, un citoyen et/ou un conseiller pourraient porter plainte et démettre un maire dans l'exercice de ses fonctions si celui-ci fait l'objet d'une accusation de nature criminelle.
Dans cette perspective, est-ce que le député du PQ se sentirait à l'aise de collaborer avec le maire Lavoie si celui-ci décidait de demeurer en poste?

«Je vais continuer d'accompagner la communauté de Saint-Rémi dans ses projets, a dit M. Therrien. On va attendre ce que les conseillers vont décider. Pour le bien-être de Saint-Rémi, je n'aurai peut-être pas le choix d'interagir avec lui (le maire Lavoie), s'il décide de rester en poste. Je ne voudrais pas que la municipalité paye le prix d'une forme d'immobilisme de ma part parce que je refuserais de travailler avec le maire. J'ai beaucoup d'estime pour la population de Saint-Rémi qui est une communauté en effervescence. Je vais suivre attentivement ce dossier et on verra comment les choses se présenteront.»

«Aucune illégalité»

L'arrestation du maire de Saint-Rémi, Michel Lavoie, ne semble pas susciter d'onde de choc à l'hôtel de ville si l'on se fie aux propos et au ton employés par la directrice générale de la municipalité, Nancy Corriveau.

«On continue de maintenir les services à la population, sauf qu'on répond à davantage de questions aux journalistes, a-t-elle déclaré. Pour nous, c'est comme si le maire était indisposé (d'où son absence).»

Mme Corriveau a réitéré ses propos tenus dans l'édition du 14 avril dernier du «Reflet» où elle ne s'inquiétait pas de l'issue de l'enquête que menait alors l'Unité permanente anticorruption (UPAC).

«On est confortables avec nos dossiers», avait-elle notamment dit.

«J'ai toujours la même opinion, a-t-elle dit. Le traitement interne de nos dossiers ne comporte aucune illégalité. Je suis étonnée lorsque je vois dans les nouvelles que le maire a modifié des règlements de zonage. Cela ne fonctionne pas comme ça. Chaque demande passe par le conseil. Elle est ensuite soumise à un comité consultatif qui émet des recommandations, etc. C'est un long processus. Le maire ne modifie pas à lui seul un règlement, il y a des procédures qu'on ne peut pas passer à côté.»

Dans ce cas, pourquoi le maire a-t-il été arrêté?

«Je n'ai pas les détails, a-t-elle indiqué. On entend la même chose que vous. L'enquête semble porter davantage sur ses liens et ceux de son fils.»

Elle a confirmé également que la décision que le maire se retire ou non de ses fonctions lui appartient.

«La loi 10 n'a pas été adoptée (voir autre texte). Le maire peut continuer à siéger», a-t-elle conclu.


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