Guy Turcotte est libéré


Anne Caroline Desplanques

Dernière mise à jour: 12-12-2012 | 12h54

MONTRÉAL - L'ex-cardiologue Guy Turcotte a été libéré mercredi en après-midi par la Commission d'examen des troubles mentaux, mais il devra respecter certaines conditions.

L'homme jugé non criminellement responsable du meurtre de ses deux enfants pour cause de troubles mentaux devra notamment continuer à suivre ses traitements psychologiques, demeurer dans un endroit approuvé et ne pas entrer en contact avec son ex-femme, Isabelle Gaston.

Cette dernière était déçue, mais étrangement sereine face à la libération de son ex-conjoint.

«Considérant les évènements, ça va me rassurer c'est certain de donner un autre délai de quelques mois afin qu'il s'investisse dans une thérapie. Ça fera juste augmenter mon niveau de sécurité. (...) C'est certain que je vais toujours rester craintive», a-t-elle dit.

Elle juge néanmoins la situation absurde et dit souhaiter que le système de justice change. «S'il ne change pas, il va continuer à avoir des injustices comme celle-là, et d'autres qu'on ne voit pas. J'ai passé une année à travailler là-dessus...»

«On peut bien avoir un discours sur la valeur de la vie, concernant la valeur de l'intégrité physique, mais malheureusement, les sanctions que l'on donne dans les cours (de justice) m'amènent à croire qu'on n'a pas une très grande valeur pour la vie humaine», a ajouté Isabelle Gaston après la décision rendue mercredi en après-midi.

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Sa mère avait tenu des propos plus virulents concernant son ex-gendre plus tôt en journée.

«C'est une vraie honte, lui il est capable de dormir, moi je ne dors plus!» a ragé la grand-mère des deux jeunes victimes, Rachelle Gaston, en sortant de la salle d'audience.

«Il va être libéré, il est manipulateur au bout», a-t-elle lancé.

Pas malade selon son équipe traitante

Guy Turcotte ne présente pas «de signe de maladie mentale», selon son équipe traitante à l'Institut Philippe-Pinel où il était interné. Si bien qu'il n'est pas médicamenté pour troubles mentaux, mais pour contrôler la chute de ses cheveux.

Il voit une psychologue une fois par semaine pendant une heure, lit des livres de psychologie, de développement personnel et il fait du sport.

Depuis six mois, il sort régulièrement de l'Institut psychiatrique. Au cours de ses sorties, seul ou accompagné, il est régulièrement en contact avec des enfants de tous âges.

«Je me promène partout dans la ville», «je prends des bains de foule», a déclaré Guy Turcotte mardi matin devant la Commission d'examen des troubles mentaux qui devait statuer sur sa libération.

Sur la base des observations de l'équipe traitante, la Commission d'examen des troubles mentaux libérera ou non l'ex-cardiologue, ou élargira ou non ses conditions de sorties établies en juin.

En octobre, un juge a ordonné un prélèvement d'ADN sur Guy Turcotte. Celui-ci doit être placé dans un registre policier, à titre préventif.

L'homme a reconnu avoir poignardé à mort ses deux enfants, Anne-Sophie 3 ans et Olivier 5 ans, le 20 février 2009 dans la résidence de Piedmont qu'il louait depuis sa récente séparation.


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