La violence contre les femmes dénoncée

En cette Journée nationale de commémoration et d'action contre la violence faite aux femmes, plusieurs ont tenu jeudi à honorer la mémoire des victimes de la tuerie de l'École Polytechnique de Montréal, 23 ans après les tragiques événements.

Le 6 décembre 1989, le tireur fou Marc Lépine est entré à l'École Polytechnique et a tué à bout portant 14 étudiantes: Annie St-Arneault, Geneviève Bergeron, Hélène Colgan, Nathalie Croteau, Barbara Daigneault, Anne-Marie Edward, Maud Haviernick, Maryse Laganière, Maryse Leclair, Anne-Marie Lemay, Sonia Pelletier, Michèle Richard, Annie Turcotte et Barbara Klucznik-Widajewicz.

Le premier ministre du Canada, le chef de l'opposition et le maire de Montréal ont tenu à faire des déclarations.

«Notre pays a été horrifié lorsqu'un homme armé est entré à l'École Polytechnique de Montréal et a mis fin aux jours de 14 jeunes femmes brillantes et prometteuses, simplement parce qu'elles étaient des femmes, a déclaré le premier ministre Stephen Harper. Notre gouvernement [...] continue de s'élever contre la violence faite aux femmes au Canada et à l'étranger.»

«Cet événement a laissé une marque indélébile dans le cœur des Canadiens et, chaque année, nous nous recueillons à la mémoire de ces victimes innocentes, a dit le chef de l'opposition officielle, Thomas Mulcair. La lutte contre la violence faite aux femmes est l'affaire de tous. En cette journée de commémoration, demandons-nous ce que nous pouvons faire, individuellement et collectivement, pour y mettre fin.»

«Montréal est une ville de paix, où l'égalité entre les femmes et les hommes est une valeur fondamentale non négociable, a dit le maire de Montréal, Michael Applebaum. Montréal continue et continuera toujours à condamner la violence à l'égard des femmes et à poser des gestes qui invitent à l'ouverture et à la tolérance entre tous les citoyens et citoyennes.»

Conseil du statut de la femme et FAE

Comme tous les ans, le Conseil du statut de la femme a joint sa voix aux organisations qui dénoncent la violence contre les femmes et a commémoré le souvenir de polytechnique.

«Ces 14 jeunes femmes ont été assassinées du seul fait qu'elles étaient des femmes et qu'elles aspiraient à faire leur place dans des sphères professionnelles à prédominance masculine», a rappelé la présidente du Conseil, Mme Julie Miville-Dechêne.

«Plus de 20 ans après la tuerie de Polytechnique, on doit reconnaître qu'il y a encore de nombreux efforts et de nombreuses luttes à livrer pour enrayer cette violence faite aux femmes, a pour sa part dit le président de la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), Pierre St-Germain. La violence sexiste a des effets dévastateurs: elle fait atteinte à l'intégrité de la personne, elle affaiblit notre tissu social en provoquant des iniquités entre les hommes et les femmes et elle demeure conséquemment inacceptable.»

Selon la FAE, la décision du gouvernement Harper d'abolir le registre des armes d'épaule constitue un recul significatif dans la lutte conte la violence faite aux femmes.

«Encore aujourd'hui, trop de femmes meurent assassinées par des hommes. Trop souvent, on ne croit pas les femmes, on banalise ce qu'elles vivent, on excuse les hommes. Tant que toutes ces attitudes et ces préjugés à l'égard de la violence sexiste perdureront, une réelle égalité femmes-hommes est impossible», a affirmé Alexa Conradi, présidente de la Fédération des femmes du Québec, lors d'un rassemblement organisé devant le palais de justice de Montréal.

Selon les données du ministère de la Justice, les femmes sont près de quatre fois plus souvent victimes d'infraction dans un contexte conjugal au Québec, soit 444 femmes contre 106 hommes par tranche de 100 000 habitants en 2011.

Il faut ajouter à cela plus de 10 200 femmes victimes de voies de fait contre 2780 hommes, toujours pour 2011.

Selon Manon Monastesse de la Fédération des ressources d'hébergement pour femmes violentées et en difficulté du Québec, «31 femmes ont été tuées ou victimes de tentatives de meurtre de la part de leur conjoint ou ex-conjoint en 2011 et un organisme comme SOS violence conjugale reçoit encore au-delà de 25 000 demandes d'aide par année».


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