Tolérance zéro pour les parents meurtriers

MONTRÉAL – Peu importe l'immensité de sa douleur et de sa détresse, un parent n'a pas le droit de tuer ses enfants, il doit aller chercher de l'aide. C'est tolérance zéro pour les parents filicides clame Isabelle Gaston.

L'urgentologue, dont les deux enfants ont été tués par son ex-conjoint Guy Turcotte qui a été déclaré non responsable criminellement au terme de son procès, a vécu selon ce qu'elle raconte une explosion de colère quand elle a appris que Sonia Blanchette, âgée 33 ans, de Drummondville aurait noyé ses trois jeunes enfants pendant que sa mère qui la supervisait se serait absentée.

«Ce sont des enfants sans défense qui écope encore une fois. Il faut parler de la responsabilisation de ces individus-là qui commettent ces gestes-là. Il faut arrêter de dire que l'on ne connaît pas tous les détails [de ce drame]. C'est tolérance zéro face à la violence», a dit Isabelle Gaston en entrevue à TVA Nouvelles.

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«Les experts le disent : il n'y a pas toujours d'indices qui nous permettent de voir venir le drame. Il faut responsabiliser l'individu. On ne devrait pas dire: “Il était malade”. À part pour les vrais psychotiques qui sont déconnectés de la réalité», a ajouté la médecin.

Même s'ils sont souffrants et en instance de divorce, c'est aux parents de se tourner vers des ressources qui peuvent les aider de dire Mme Gaston avec en mains le récent rapport sur les drames familiaux au Québec.

Violence conjugale ultime

«Des chercheurs disent que la personne [qui tue ses enfants] a mûri son projet. Cette personne a le devoir d'aller chercher de l'aide: les CLSC, les urgences, les programmes d'aide aux employés, etc. L'homicide est la forme de violence conjugale ultime», a ajouté l'urgentologue.

Isabelle Gaston sait très bien que l'on ne pourra jamais prévenir tous les homicides, mais elle recommande aux proches d'être alertes et de ne pas hésiter à poser des questions.

«Quand quelqu'un nous confie qu'elle pense au suicide et qu'elle pourrait amener ses enfants avec elle, c'est un signal d'alarme. Il faut être plus intrusif que pas assez. Questionner la personne ne la fera pas passer à l'acte.»

Un père anéanti

Le père des gamines de 2 et 5 ans et du petit garçon de 4 ans doit être un homme anéanti au lendemain des meurtres allégués de ses enfants.

«Chaque individu vit son deuil à sa façon, mais c'est l'enfer, toutes les étapes du deuil y passe: le choc, le déni, la colère. Il faut toujours mettre l'intérêt de ses enfants en premier», a conclu Isabelle Gaston près de quatre ans après les meurtres de ses enfants Olivier et Anne-Sophie.


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