Le procès de Jacques Vachon s'est ouvert

«Le démon en personne» - Le procès de Jacques Vachon s'est ouvert

Jacques VachonPhoto Agence QMI / Archives


Marianne White

QUÉBEC - Le deuxième procès de Jacques Vachon a débuté, jeudi, au palais de justice de Québec avec le témoignage de la première plaignante, qui a soutenu avoir été violée à répétition par l'accusé.

L'homme de 67 ans fait face à 29 chefs d'accusation de crimes sexuels et de violence contre cinq femmes.

La première appelée à la barre est une ancienne conjointe de Vachon, entre 1987 et 1989, maintenant parvenue à l'âge de 54 ans.

Elle a relaté avoir été violée à de multiples reprises pendant leur vie de couple alors qu'ils habitaient le village de Sainte-Sabine, dans Bellechasse.
Vachon la forçait à des pénétrations anales qu'elle ne souhaitait pas, a-t-elle dit. Elle a même ajouté que ces nombreuses intrusions lui ont causé des lésions sévères.

La dame, qui a témoigné avec calme, a relaté les multiples événements qui se produisaient presque toujours, selon elle, lorsque Vachon avait consommé de l'alcool en grande quantité.

«En état d'ébriété, c'était le démon en personne», a-t-elle dit.

La femme a aussi témoigné que Vachon l'avait forcée trois fois à avoir des rapports sexuels après lui avoir mis un fusil de chasse de calibre 12 sous la gorge.

Elle a aussi affirmé avoir été frappée au visage par l'accusé à un point tel qu'elle en a perdu six dents.

La plaignante a soutenu s'être sentie «comme un vrai déchet» après un événement où Vachon l'a forcée à faire une fellation à un de ses amis.

Le procès de Vachon devrait durer de deux à trois semaines.

Requête rejetée

À l'ouverture de l'audience en matinée, le juge Jean-Louis Lemay a rejeté la requête en arrêt des procédures présentée par l'avocat de la défense, Me Alain Dumas.

Le juge a été critique à l'égard du ministère public, qui a commis, selon lui, une erreur «grave» en accusant Vachon, lors de son premier procès en 2008, d'avoir violé une jeune femme handicapée en 1985, alors qu'il avait déjà été acquitté dans ce dossier.

Il a cependant estimé que cette «inconduite», qui n'était pas malicieuse, ne justifiait pas un arrêt des procédures tel que le réclamait l'avocat de l'accusé et qu'il est dans l'intérêt de la société que le procès soit tenu.

Le procureur en chef, Me Steve Magnan, a rappelé que le ministère public a de «lourdes responsabilités» quand il décide de déposer des accusations.

«(Le juge) a souligné que la cause ici n'était pas due à la mauvaise foi de la poursuite, qu'il n'y avait pas de comportements malicieux. C'est pour ces raisons que les procédures n'ont pas été arrêtées dans le dossier», a-t-il déclaré.

Me Dumas s'est pour sa part dit satisfait que le juge reconnaisse qu'une erreur avait été commise, comme l'avait admis la Couronne la veille.

«Ce côté-là est satisfaisant», a-t-il dit.

À l'issue de son premier procès, Vachon avait été reconnu coupable de 26 chefs d'accusation en lien avec des sévices sexuels et physiques à cinq femmes sur environ 25 ans. Il avait été condamné à 23 ans de pénitencier.

La Cour d'appel a estimé que Vachon n'avait pas eu droit à un procès juste et équitable et avait ordonné que le processus judiciaire soit repris.


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