La Couronne admet une erreur

«Bourreau de Saint-Just-de-Bretenières» - La Couronne admet une erreur

Jacques Vachon, surnommé le «bourreau de Saint-Just-de-Bretenières»Photo Agence QMI / Archives


Marianne White

QUÉBEC - Le Ministère public a admis avoir commis une erreur, mardi, en accusant Jacques Vachon lors de son premier procès, en 2008, d'avoir violé une jeune femme handicapée 23 ans plus tôt alors qu'il avait déjà été acquitté dans ce dossier.

«L'erreur est humaine», a plaidé Me Steve Magnan, procureur en chef au palais de justice de Québec.

Mais il a soutenu du même souffle que cela ne justifie pas un arrêt des procédures tel que le réclame l'avocat de l'accusé, Me Alain Dumas.

Il a plaidé au juge Jean-Louis Lemay, qui entend la cause, que les arguments de la défense sont insuffisants pour ordonner le retrait des accusations dans tous les dossiers.

L'homme de 67 ans est accusé d'avoir infligé des sévices physiques et sexuels à cinq femmes sur une période de 25 ans.

Son deuxième procès, ordonné par la Cour d'appel, devait débuter cette semaine, mais est retardé en raison de la requête déposée par l'avocat de Vachon.

Ce dernier reproche principalement à la Couronne d'avoir déposé l'accusation d'agression sexuelle sur une jeune femme handicapée même si Vachon a dit aux policiers avoir été acquitté du viol allégué dans son interrogatoire vidéo le jour de son arrestation, le 26 mars 2008.

Me Magnan a soutenu, mardi, que le Ministère public a demandé le retrait de l'accusation le lendemain du témoignage de Vachon au procès, après que des vérifications eurent confirmé ses dires.

«Il faut regarder l'ensemble de la situation, a-t-il plaidé. L'ensemble de la poursuite - les 29 chefs concernant cinq victimes - n'est pas inéquitable.»

Pas de menaces consignées

Jacques Vachon a témoigné, lundi, avoir été la cible de menaces de mort de codétenus à suite de la médiatisation de l'affaire en 2008 et qu'il était souvent traité de «poubelle» et de «vidange» en raison du viol allégué d'une handicapée.

Me Dumas a plaidé, mardi, que le Ministère public a commis une faute «grave et inacceptable» et que cela a causé un tort irréparable à son client.

Le juge Lemay devrait rendre mercredi sa décision sur la requête en arrêt des procédures.
Vachon, surnommé le «bourreau de Saint-Just-de-Bretenières», avait été condamné, lors de son premier procès, à 23 ans de pénitencier pour avoir infligé des sévices sexuels et physiques à cinq femmes sur environ 25 ans.

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