Deux morts et 19 blessés

Sherbrooke - Deux morts et 19 blessés

L'entreprise Neptune Technologies et Bioressources, située sur la rue Pépin, a été touchée.Photo Maxime Landry / TVA Nouvelles / Agence QMI

Dernière mise à jour: 08-11-2012 | 23h39

SHERBROOKE - L'explosion survenue à l'usine de Neptune Technologies et Bioressources, située au 795 rue Pépin dans le parc industriel de Sherbrooke, jeudi vers 13h30, a fait deux morts et 19 blessés, selon un bilan établi par les autorités en fin de soirée.

Lors d'un point de presse en début de soirée, le Service de police de la Ville de Sherbrooke a précisé que les deux corps avaient été retrouvés lors des fouilles à la suite de l'explosion. Une autre personne qui s'était cachée dans les décombres a été retrouvée en vie, et son état de santé serait satisfaisant.

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État des blessés

La direction du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS) a confirmé que 19 patients au total avaient été traités à la suite de cette explosion, et que quatre d'entre eux ont subi de graves brûlures nécessitant leur transfert vers un centre spécialisé à Montréal.

«Nous avons reçu 19 patients; quatre d'entre eux ont été transférés au Centre des grands brûlés
du CHUM (deux par hélicoptère et deux en ambulance). Des 15 autres patients dirigés vers le CHUS, sept ont eu leur congé; six sont toujours à l'urgence pour observation et deux sont hospitalisés dont un aux soins intensifs du CHUS - Hôpital Fleurimont ».

Le Dr Marc‐André Leclair, intensiviste et responsable de la traumatologie au CHUS, a rappelé que la situation vécue jeudi après‐midi était exceptionnelle. «Les médecins et le personnel clinique ont pris en charge rapidement les patients, a-t-il précisé. Grâce à la mobilisation générale, tous ont reçu les soins nécessaires dès leur arrivée.»

«Nous nous sommes également préparés à recevoir les familles », a indiqué pour sa part Céline E. Gervais, codirectrice des services cliniques et directrice des soins infirmiers au CHUS. «Les deux chapelles ont ouvert leurs portes et des intervenants psychosociaux ont été demandés en renfort.»

Une ligne téléphonique spéciale a été dédiée aux familles qui désirent des informations sur leur proche (819 346‐1110, poste 0).

Rappel des faits

La déflagration de l'explosion dans cette entreprise a été si puissante que des murs se sont effondrés et les vitres ont été soufflées. Le travail des pompiers à la recherche d'éventuelles victimes s'est avéré difficile en raison de l'instabilité du bâtiment.

«On venait de finir de dîner, on allait franchir la porte quand on nous a dit d'évacuer. Puis, ça a explosé, le coeur m'a revolé et le plafond m'est tombé sur la tête», a raconté un employé de l'entreprise qui fabrique de l'huile de krill.

L'explosion a provoqué un incendie majeur et un large périmètre de sécurité a été établi.

«L'entreprise fait de l'extraction avec de l'acétone, un solvant très inflammable», a expliqué Pascal Filion, un ancien employé de l'usine, en entrevue à LCN.

«Une petite étincelle peut engendrer une explosion, c'est comme de l'essence, a-t-il ajouté. Pour moi, les pompiers ne seront pas capables d'éteindre le feu tant qu'il y aura encore du solvant.»

Au total, 15 000 litres d'acétone se trouvaient dans le bâtiment au moment de l'explosion. Le brasier faisait toujours rage aux alentours de 16 h 30, mais il était maîtrisé par les pompiers.

Fumée toxique

Quelques minutes après l'explosion, les autorités ont demandé aux résidents du secteur de fermer leurs portes et fenêtres afin de ne pas respirer la fumée, jugée toxique.

On craignait que le panache de fumée ne se dirige vers le secteur résidentiel de Rock Forest, mais par chance, les vents contraires qui soufflaient en milieu d'après-midi ont permis d'éviter le pire.
Les symptômes d'une exposition à l'acétone sont les vomissements, les nausées, les maux de tête et les étourdissements.

L'impressionnant nuage de fumée s'est dissipé dans l'atmosphère en milieu d'après-midi. Selon Christian Blanchette, le porte-parole d'Urgence-Environnement, il n'y avait alors plus rien à craindre pour la population environnante.

Urgence-Santé s'affairait à rediriger l'eau contaminée utilisée par les pompiers dans un champ, pour éviter qu'elle ne rejoigne un cours d'eau.

En soirée, la Direction de la santé publique de l'Estrie a tenu à rassurer la population de Sherbrooke et des environs. «Le périmètre de sécurité a été levé et le panache de fumée est considérablement réduit, a indiqué la Dre Mélissa Généreux, médecin-conseil pour l'organisme.

Nous confirmons que la fumée ne contenait pas de produits toxiques, seulement des résidus de combustion. Aucune mesure de protection particulière n'est donc nécessaire».

La direction de l'entreprise réagit

Michel Chartrand, le chef des opérations chez Neptune Technologies & Bioressources, s'est exprimé au sujet de la violente explosion, lors d'un point de presse en début de soirée.

«Nous sommes terriblement sous le choc, abasourdis par ce qui s'est passé, a-t-il dit. Vous comprendrez nos pensées vont bien évidemment aux personnes blessées lors de l'incident et nous espérons de tout cœur qu'elles se rétablissent.»

M. Chartrand a souligné que l'entreprise collabore entièrement avec les autorités policières, sanitaires et municipales de Sherbrooke pour tenter de comprendre ce qui s'est passé, ajoutant que la cause de l'explosion n'est toujours pas connue et que le tout est sous enquête.

Des services de soutien psychologique ont été offerts aux employés de l'entreprise.

L'usine Neptune Technologies et Bioressources se spécialise dans la recherche-développement et dans la fabrication de produits nutraceutiques et pharmaceutiques, à base d'ingrédients actifs extraits de biomasses marines, riches en antioxydants et en oméga-3.



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