Gabriel Nadeau-Dubois interjette appel


Laurent Dionne

Dernière mise à jour: 02-11-2012 | 12h46

MONTRÉAL - Au lendemain du verdict de la Cour supérieure du Québec déclarant Gabriel Nadeau-Dubois coupable d'outrage au tribunal, l'ancien coporte-parole de la CLASSE a signifié qu'il porterait la cause en appel.

Soutenant qu'il n'est «pas d'accord» avec le jugement rendu par le juge Denis Jacques, qu'il trouve «erroné sur plusieurs plans», M. Nadeau-Dubois a indiqué vendredi qu'il comptait faire sa requête dans le courant de la journée.

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«Je crois, en tout respect évidemment pour le juge et le tribunal, que le juge se trompe lorsqu'il dit que j'ai prôné, et je le cite, l'anarchie. Je n'ai pas prôné l'anarchie, je n'ai pas prôné le désordre, j'ai prôné et je prône encore l'accessibilité à l'éducation et la justice », a indiqué l'ex-leader étudiant.

«Les mots que j'ai prononcés en mai ne sont pas seulement les miens, mais ceux de dizaines de milliers de personnes», a-t-il ajouté.

C'est également pour éviter qu'un précédent soit créé que le jeune homme a décidé de porter sa cause en appel.

«Un précédent dangereux qui ferait en sorte que dorénavant, les porte-paroles, soit du mouvement étudiant, du mouvement syndical ou de l'ensemble des citoyens, aient peur de parler par crainte de se retrouver en prison», a-t-il précisé.

L'heure n'est pas au regret

M. Nadeau-Dubois était poursuivi par Jean-François Morasse, un étudiant de l'Université Laval qui avait obtenu une injonction du juge Jean-François Émond, au printemps dernier, lui permettant d'assister à ses cours d'arts plastiques alors que la grève étudiante battait son plein.

Le juge Denis Jacques a donné raison à Jean-François Morasse, soutenant que l'ancien leader étudiant avait, dans une entrevue diffusée sur les ondes de RDI, incité les étudiants en grève à ne pas respecter les injonctions du tribunal, incluant celle du demandeur Morasse.

S'il ne croyait pas que les paroles qu'il a prononcées auraient un tel impact, M. Nadeau-Dubois estime que l'heure n'est pas au regret.

«Je ne peux pas dédire ce que j'ai dit, je ne peux pas défaire ce que j'ai fait. J'ai dit des mots, je vais en assumer les conséquences, mais je suis convaincu que ces paroles ne constituaient pas un outrage au tribunal», a-t-il affirmé.

Puisque les frais des procédures judiciaires qui se rattachent à sa cause sont élevés et rappelant que d'autres membres de la CLASSE devront également se défendre devant les tribunaux, M. Nadeau-Dubois a invité les gens à faire des dons sur le site internet www.appelatous.org, prévu à cet effet.

La Fédération des enseignants de cégep (FEC-CSQ) a indiqué, dans un communiqué, qu'elle soutiendra M. Nadeau-Dubois dans son recours.

«Outre la reconnaissance envers l'exceptionnel engagement social dont a fait preuve Gabriel Nadeau-Dubois au printemps dernier, ce que nous souhaitons faire valoir aujourd'hui c'est aussi la liberté d'expression pour le porte-parole d'une association de défendre les décisions prises de manière démocratique par ses membres», a affirmé le président de la FEC-CSQ, Mario Beauchemin.

Selon le syndicat, «les multiples injonctions constituaient un non-respect de la liberté d'association des étudiants et favorisaient les droits individuels de quelques-uns aux dépens des droits collectifs».
Gabriel Nadeau-Dubois s'expose à une amende maximale de 5000 $ et à une peine d'emprisonnement maximale d'un an.



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