QUÉBEC - Le père de Rébecca Lévesque, l'adolescente morte dans des circonstances troubles à l'intérieur d'un centre jeunesse en février 2011, entame une poursuite d'un million de dollars contre le Directeur de la protection de la jeunesse (DPJ), le Centre de Chaudière-Appalaches et cinq employés.
Les larmes aux yeux et le souffle court, Martin Lévesque a confirmé la poursuite en conférence de presse, lundi.
Le 13 février 2011, sa fille est décédée dans un centre jeunesse d'une septicémie, une féroce infection du sang, sans que personne ne lui vienne en aide.
La poursuite a été déposée vendredi au palais de justice par son avocat, Me Jean-François Bertrand. En plus de la DPJ, le Centre jeunesse Chaudière-Appalaches et les cinq employés qui ont été en contact avec Rébecca Lévesque la journée de son décès sont directement montrés du doigt dans la requête.
Les noms des employés présents
Pour la première fois, les noms des employés présents lors du drame ont été révélés. Il s'agit de Cindy Vaillancourt, Johanie Tanguay, Laurie Bilodeau, Francine Larochelle et Éric Gingras.
Martin Lévesque leur réclame la somme de 50 000 $ chacun. «Des gens comme ça, il ne faut pas les couvrir, parce que je considère qu'on couvre un crime dans ce temps-là. C'est le décès d'un enfant, a-t-il dit. J'aimerais qu'ils admettent leur culpabilité. Ça m'en mettrait moins sur les épaules.»
La requête de 22 pages reprend les éléments révélés dans le rapport du coroner Luc Malouin, selon lesquels les personnes ressources du Centre jeunesse Chaudière-Appalaches ont refusé d'appeler une ambulance même si la jeune fille présentait de multiples et graves symptômes.
Elle met l'accent sur ce qui a précédé le décès de la jeune Rébecca Lévesque, 15 ans. Des éléments que M. Lévesque a lus à plusieurs reprises et qu'il trouve difficiles à accepter.
«Mais plus on fouille, plus on va vers la vérité et ça fesse», a-t-il souligné.
Selon M. Lévesque et son avocat, la DPJ a failli à la tâche. «En vertu de la loi, elle a le mandat du Directeur de voir à la sécurité et aux bons soins de tous les enfants placés sous sa garde, a indiqué Me Bertrand. Dans la procédure, c'est qu'il a lamentablement échoué le mandat qu'on lui avait confié.»
Enquête publique?
De l'avis de l'avocat, il est important de faire la lumière sur les pratiques des centres jeunesse. «Est-ce une culture organisationnelle?» s'est d'ailleurs questionné Me Bertrand.
Avant d'être chassé du pouvoir, le gouvernement Charest avait refusé, dans la foulée du décès de Rébecca, de tenir une enquête publique sur les centres jeunesse.
M. Lévesque et Me Bertrand reviendront à la charge la semaine prochaine afin de demander au nouveau gouvernement Marois de remédier à la situation.