Réévaluation du dossier

Matricule

 Photo Elizabeth Laplante / Agence QMI


Maxime Deland

MONTRÉAL - La controverse soulevée par l'intervention policière musclée de l'agente Stéfanie Trudeau a convaincu le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) de réévaluer l'ensemble du dossier, suspendant du même coup les procédures judiciaires contre les personnes arrêtées le soir du 2 octobre.

Me Denis Poitras, qui représente Serge Lavoie, Simon Pagé et Rudi Ochietti, tous trois épinglés lors de l'intervention musclée, a d'ailleurs confirmé que les comparutions de deux de ses clients, prévues mercredi, avaient été annulées.

L'annulation des comparutions veut donc dire que les trois prévenus n'auront aucune condition de remise en liberté à respecter.

Toutefois, la suspension des procédures ne garantit pas à MM. Lavoie, Pagé et Ochietti qu'ils ne feront pas face à la justice. En effet, des accusations criminelles pourraient encore être déposées contre eux lorsque les enquêteurs du SPVM auront complété la révision du dossier.

On sait déjà que les plaintes d'entrave au travail des policiers et de voies de fait sur un agent de la paix portées contre les trois Montréalais n'ont pas été retenues. Idem pour la plainte d'intimidation portée contre Serge Lavoie et Simon Pagé.

«Si vous voulez mon avis, j'ai bien l'impression que ce dossier-là va se régler de lui-même», a indiqué Me Denis Poitras, convaincu que ses clients ne feront face à aucune accusation.

Du côté du SPVM, on s'est contenté de dire qu'on prendrait «le temps nécessaire» pour faire la lumière dans ce dossier.

Une enquête interne est également en cours dans cette affaire.

Deux semaines après les événements, aucune plainte officielle n'a été déposée contre Stéfanie Trudeau par l'une ou l'autre des personnes arrêtées le 2 octobre.

Devant le tollé provoqué par la diffusion des images de l'intervention et des propos grossiers tenus après coup par l'agente Trudeau, désormais connue sous le nom de matricule 728, le SPVM a décidé de suspendre et de désarmer la policière jusqu'à nouvel ordre.

Cette décision a été annoncée par le directeur du SPVM, Marc Parent, au cours d'un point de presse tenu jeudi. M. Parent avait profité de l'occasion pour s'excuser auprès des citoyens, qualifiant de «complètement inacceptable et intolérable» le comportement de Stéfanie Trudeau lors de cette intervention.


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