Il demandait même qu'on lui divulgue la portion du témoignage frappée par une ordonnance de non-publication, qui concerne les journées du 3 et 4 octobre dernier.
Mais France Charbonneau, qui préside la commission, en a décidé autrement.
«Votre parti a décidé de ne pas intervenir avant-hier. M. Zambito est ici depuis longtemps», a-t-elle reproché au représentant du PLQ, sur un ton sec.
«Vous auriez eu toute la divulgation complète si vous aviez été là en temps opportun», a-t-elle ajouté, catégorique.
En conséquence, le PLQ ne pourra contre-interroger Zambito à propos de ses révélations des 3 et 4 octobre. Lors de ses journées, le témoin avait entre autres révélé avoir envoyé un bouquet de 40 roses à la vice-première ministre libérale Nathalie Normandeau.
Il ne pourra non plus poser de question sur la tentative d'extorsion dont aurait été victime Zambito de la part d'un proche du ministre libéral David Whissell, qui lui aurait demandé 50 000 $ comptant en échange de l'approbation ministérielle d'un contrat.
Contre-interrogatoire
Les autres formations politiques d'importance sur la scène provinciale, soit le Parti québécois, la Coalition avenir Québec et Québec solidaire, sont déjà participants ou intervenants à la commission depuis plusieurs semaines.
Mardi après-midi, le contre-interrogatoire de Lino Zambito, qui s'annonce long, a pu débuter.
Me Martin St-Jean, qui représente la Ville de Montréal, a tenté de soulever des doutes sur plusieurs portions du témoignage de l'ex-entrepreneur, qui éclaboussait plusieurs fonctionnaires, de même que le parti du maire Gérald Tremblay, l'ancien président du Comité exécutif Frank Zampino et l'ancien directeur général de la Ville de Montréal Robert Abdallah.
L'homme qui a vu l'ours
L'avocat a soulevé qu'à plusieurs reprises, M. Zambito avait parlé de versements d'argent dont il n'avait pas été témoin personnellement.
«Vous êtes l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours?» lui a-t-il demandé.
M. Zambito a entre autres répété qu'il avait versé une commission de 3 % à l'intermédiaire Nicola Milioto, mais qu'il n'avait jamais vu de ses propres yeux l'argent être remis dans la caisse électorale de Gérald Tremblay.
En matinée mardi, le témoin a également confirmé à la commission qu'il avait assisté à un événement de financement pour l'ancien chef du Parti québécois, André Boisclair. Il s'est aussi présenté à deux événements pour la ministre libérale Lise Thériault, de 2006 à 2008.
À chacune de ces trois occasions, il a payé sa place 1000 $, par chèque.
De plus, la commission a déposé des listes d'appels téléphoniques effectués par Zambito avec des fonctionnaires prétendument corrompus, de 2007 à 2009, pour appuyer son témoignage.
Embauche d'ingénieurs
Lino Zambito a profité de la tribune de la commission pour suggérer au ministère des Transports d'embaucher des ingénieurs massivement afin de contrer la collusion et de prévenir l'infiltration de la mafia dans l'industrie de la construction.
Zambito a prescrit une série de remèdes pour juguler la corruption et la collusion dans l'industrie de la construction. Il estime notamment que les administrations publiques doivent faire preuve d'une plus grande sévérité à l'égard des entrepreneurs fautifs.
Le ministère des Transports devrait éviter la sous-traitance et encadrer lui-même la conception des devis et la surveillance des travaux de construction. Zambito juge que le secteur privé occupe une place trop importante dans les activités du ministère.