MONTRÉAL - Le propriétaire d'une maison d'édition spécialisée dans le matériel pédagogique devra faire face à la justice pour des crimes sexuels présumément commis sur une mineure il y a plus de 40 ans.
On reproche à l'éditeur Marc-Aimé Guérin, aujourd'hui âgé de 84 ans, de s'être livré à des rapports sexuels avec une jeune fille âgée de moins de 14 ans.
Les sévices subis par sa victime se seraient étalés sur trois ans. L'éditeur est également accusé d'atteinte à la pudeur, de grossière indécence et d'avoir sodomisé l'adolescente entre février 1969 et février 1972.
Plainte
Le dossier de la cour montre que la plainte initiale a été portée en mai 2011, à la police de Montréal. Le 14 août 2012, un mandat d'arrestation a été émis contre lui, mandat qui a été exécuté le 27 septembre dernier, selon le SPVM.
Marc-Aimé Guérin est propriétaire de Guérin Éditeur, une maison d'édition qui publie des manuels scolaires de niveau préscolaire à universitaire. L'homme d'affaires, qui est aussi auteur, a autrefois enseigné à l'École normale Jacques-Cartier, à Montréal.
En mars 2011, il a reçu, en même temps que le chanteur Gilles Vigneault, une Grande Palme d'or patriotique, décernée par le «Rassemblement pour un pays souverain».
«Il m'a pris mon enfance»
En entrevue avec le Journal, la victime présumée de Guérin a dit avoir trouvé difficile de dénoncer son agresseur, «surtout après autant d'années».
«Je ne serai jamais bien tant qu'il ne sera pas reconnu coupable. Je ne veux pas qu'il s'en sorte. Il m'a pris mon enfance», laisse tomber la femme aujourd'hui âgée dans la cinquantaine, qu'on ne peut identifier.
C'est d'ailleurs pour défendre «la petite fille qu'elle a été» que la femme a décidé de dénoncer, après toutes ces années, l'homme qui était une connaissance de sa famille, dit-elle. «Ça me grugeait. Je ne sais pas pourquoi je me suis décidée à porter plainte à ce moment-là. Dans les médias, il y a eu une série d'articles sur des victimes d'agressions sexuelles qui dénonçaient. Je me suis dit: "j'y vais". Je n'en pouvais vraiment plus», explique-t-elle.
«Maintenant que c'est fait, je ne reculerai pas. C'est mon seul soulagement de savoir que les gens vont enfin savoir ce qu'il m'a fait», ajoute la femme, émue.
Marc-Aimé Guérin doit se présenter en cour au palais de justice de Montréal le 24 octobre prochain.