LAVAL - L'Unité permanente anticorruption (UPAC) a perquisitionné mardi matin trois entreprises des alentours de Montréal, Construction DJL, à Boucherville, Giuliani G Inc., à Laval, et Asphalte Desjardins Inc., à Terrebonne.
Les policiers n'avaient toutefois pas de mandat d'arrestation.
La perquisition chez Construction DJL, qui œuvre principalement sur les chantiers routiers, est survenue au lendemain de révélations de Lino Zambito devant la commission Charbonneau au sujet de l'entreprise.
La porte-parole de l'UPAC, Anne-Frédérick Laurence, a affirmé qu'il n'y avait pas de lien entre les deux.
Jacques Duchesneau, l'ex-patron de l'UPAC, avait affirmé en juin dernier, lors de son témoignage à la commission, que Construction DJL et Sintra contrôlaient 60% du marché de l'asphalte au Québec.
La firme était une habituée des chantiers à Boucherville.
Le conseil municipal de Boucherville venait d'ailleurs de lui accorder un contrat de surfaçage de 68 000 $.
En mars, cette même firme avait été choisie pour la réfection du réseau d'aqueduc et d'égout du boulevard Fort-Saint-Louis, un contrat de 2,9 millions $.
Le maire de Boucherville, Jean Martel, s'est dit surpris de l'intervention de l'UPAC chez DJL. «Nous leur avons accordé un contrat hier (lundi) en supposant que l'entreprise soumissionnait de bonne foi, a-t-il dit. Il n'y avait jamais eu de perquisition avant et rien ne laissait présager qu'il y en aurait une.»
La Ville s'est conformée à la règle du plus bas soumissionnaire conforme, comme le prescrit la loi, selon M. Martel, qui espère que la commission Charbonneau émettra des recommandations pour que cette loi fasse l'objet d'une révision.
«Les élus sont démunis face à ça»
«La collusion se passe à l'extérieur des villes. Ce sont les entrepreneurs entre eux qui s'entendent. Les élus sont démunis face à ça», a déclaré Jean Martel, qui sait qu'avec un parc industriel aussi important, la Ville n'est pas à l'abri de nouvelles perquisitions.
C'est la quatrième frappe de l'UPAC en moins de deux semaines.
Plusieurs entreprises de construction de Laval, appartenant notamment à Tony Accurso, ainsi que la résidence du maire, Gilles Vaillancourt, avaient été perquisitionnées.
Questionnée pour savoir si les frappes de mardi étaient en lien avec les enquêtes sur M.
Accurso et M. Vaillancourt, Mme Laurence a répondu que «c'est en lien avec les perquisitions de la semaine dernière. Je vous laisse tirer vos propres conclusions.»