MONTRÉAL - Accusée d'avoir tenté de tuer sa fille de 19 ans parce qu'elle avait découché la veille, le procès d'une mère afghane s'est ouvert lundi matin au palais de justice de Montréal.
Johra Kaleki, âgée de 40 ans, n'aurait pas aimé que sa fille ne soit pas rentrée au domicile familial de Dorval, dans la nuit du 12 au 13 juin 2010. À son retour en matinée, la mère aurait alors saisi un couteau avant de poignarder sa fille.
La femme avait été arrêtée, puis accusée de tentative de meurtre, de voies de fait avec lésion et de voies de fait armées contre sa fille. Un peu plus de deux ans plus tard, le procès de la mère s'est ouvert avec le témoignage d'un policier, arrivé sur les lieux lorsque le crime allégué avait été commis.
Déclarations incriminantes
À la suite d'un message sur les ondes indiquant d'une femme avait été attaquée au couteau, l'agent Serge Martel de la police de Montréal s'était rendu avec un collègue à la résidence de Dorval, a-t-il témoigné.
Kaleki était en colère, et avait été placée en état d'arrestation, a raconté le policier. C'est à ce moment qu'elle aurait fait une déclaration incriminante.
«C'est ma fille, je peux faire ce que je veux avec elle», aurait-elle alors dit.
La mère avait été emmenée au poste avant d'être transportée à l'hôpital Juif de Montréal, étant donné qu'elle avait elle aussi des blessures à l'avant-bras. Elle aurait alors dit qu'elle ne «regrettait pas ce qu'elle avait fait ».
Le témoignage du policier a été fait devant la Cour lundi matin dans le cadre d'un voir-dire, c'est-à-dire que le juge Yves Paradis aura à trancher sur l'admissibilité en preuve du témoignage.
La défense, représentée par Me Isabel Schurman, conteste la validité des déclarations de la mère auprès des policiers, se questionnant sur l'état mental de l'accusée au moment où les mots auraient été prononcés.
Le procès est prévu pour durer toute la semaine. Il sera alors suspendu jusqu'en janvier 2013, pour une autre semaine, a précisé la procureure à la Couronne, Me Anne Gauvin.