GRANBY - Les sept personnes qui ont été transportées à l'hôpital après avoir été incommodées par les vapeurs toxiques causées par un déversement d'acide, dans l'usine des aliments Ultima, à Granby, ont toutes obtenu leur congé au cours de la nuit de jeudi à vendredi.
Jeudi, vers 15 h 30, plus de 500 litres d'un mélange d'acide nitrique et phosphorique se sont déversés sur le plancher d'une section de l'usine. Le liquide provenait d'un réservoir qui s'est renversé, à la suite d'une fausse manœuvre.
Les spécialistes d'Urgence-Environnement de l'Estrie et la Montérégie ont été dépêchés sur place et les 150 employés de l'usine ont été évacués.
Une opération de nettoyage s'est mise en branle et vers 2 h 30, vendredi, l'usine était à nouveau totalement fonctionnelle, mais seulement une partie de la chaine de production avait pu reprendre le travail.
La reprise complète des opérations de l'usine pourrait se faire au cours de la matinée, vendredi.
Dégâts limités
Selon le coordonnateur d'Urgence-Environnement pour l'Estrie et la Montérégie, Christian Blanchette, l'intervention des pompiers spécialisés en matières dangereuses s'est déroulée « avec brio », si bien que les produits toxiques ne se sont pas retrouvés dans le système d'égout de la municipalité.
L'usine possède son propre réseau interne, mais si le produit était entré en contact avec de la matière organique du système d'égout externe, il y aurait eu vapeurs de dioxyde d'azote, un gaz encore plus toxique qui aurait pu faire plus de dégâts, d'autant plus que l'usine est située en plein centre-ville de Granby. Mais aucune autre évacuation n'a été nécessaire.
Les spécialistes ont constaté que l'acide « avait mangé une partie de la surface bétonnée », mais sans plus.
De plus, puisque le déversement a eu lieu dans la zone d'emballage de l'usine, tous les emballages qui ont été en contact avec les vapeurs toxiques ont été jetés. « Il y a certainement eu beaucoup de pertes », affirme M. Blanchette.
Non-respect de la loi
Le porte-parole d'Urgence-Environnement a aussi expliqué que l'entreprise n'avait pas rapporté l'incident au ministre de l'Environnement sans délai comme l'article 21 de la Loi sur la qualité de l'environnement le prévoit.
Elle s'expose ainsi à une sanction administrative pécuniaire de 5000 à 10 000 $. M. Blanchette a indiqué qu'Urgence-Environnement n'a été informée de la situation que vers 18 h seulement par un média local.