LÉVIS – Le jeune homme de 19 ans qui aurait abattu sa tante par accident en manipulant une carabine, lundi après-midi, dans le quartier Saint-Nicolas, à Lévis, pourrait être accusé de négligence criminelle causant la mort et d'usage négligent d'une arme à feu.
Michèle Toussaint avait été atteinte à la tête par une balle alors que Yoan Leclerc visait apparemment un petit animal avec une carabine de calibre 22 dans la cour arrière de sa résidence.
S'il était reconnu coupable de négligence criminelle ayant causé la mort avec une arme à feu, une peine minimale de quatre ans est prévue au code.
Le drame s'est produit au 1903, rue des Hêtres, dans un quartier de maisons mobiles près de l'autoroute 20. Plusieurs personnes de la famille se trouvaient à proximité.
La mère de la femme décédée ne croit pas que le tireur devrait être accusé d'avoir commis un crime. Pour elle, le geste n'avait rien d'intentionnel.
«Je n'ai pas le cœur à raconter tout ça. C'est un accident. Il faisait ça souvent», a brièvement commenté Lucille Richard, qui était sur place au moment du drame.
«Ce n'est pas quelqu'un de mauvais, a assuré son ami Marc-Antoine Gagné. Ce n'est aucunement volontaire, c'est certain. Son amour pour les armes, c'est un passe-temps, un loisir. C'est un accident.»
Des voisins et des connaissances ont affirmé qu'il tentait souvent de viser des canettes ou de petits animaux comme des écureuils ou des oiseaux dans le boisé situé à l'arrière.
«On entendait souvent des coups», a raconté un voisin.
Tous les témoins et plusieurs membres de la famille ont été interrogés afin de recueillir leur version des faits.
Yoan Leclerc a été remis en liberté sous promesse de comparaître. Il n'a aucun antécédent judiciaire. Il reviendra devant le tribunal le 18 décembre.
L'arme utilisée était dûment enregistrée. Pour les prochains mois, il ne pourra avoir aucune arme en sa possession.
Selon toute vraisemblance, il ne se serait pas assuré de l'absence de danger avant de faire feu. Le suspect aurait également commis une infraction à un règlement municipal, mais aucune charge ne devrait être déposée contre lui par la Ville de Lévis.
Il est interdit d'utiliser un fusil, un pistolet ou une arme à feu à un endroit situé à moins de trois kilomètres d'un immeuble utilisé à des fins résidentielles.
Accident évitable
«Nous avons la réalité du milieu américain qui nous frappe. Dès qu'il y a une arme à feu, il y a un danger. Comment la victime n'a pas vu ce qui se passait? Et comment le tireur n'a rien vu venir?» s'est interrogé le policier Alain Gelly.
Également professeur, M. Gelly compare une arme à feu à un bâton de dynamite. Selon lui, trop de gens pensent savoir manier une arme.
«Pendant 39 ans, j'en ai porté une à la ceinture. Cet accident aurait pu être évité si ce n'était de la témérité de certaines personnes. Tu ne peux avoir un destin plus tragique.»