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Fusillade de lundi soir à Toronto

Un suspect est arrêté

Agence QMI 
Charles-Antoine Gagnon
19/07/2012 08h44 - Mise à jour 19/07/2012 15h43

 
 
Fusillade de lundi soir à Toronto - Un suspect est arrêté
 
Photo: Stan Behal / Agence QMI

TORONTO – La police de Toronto a arrêté un homme âgé de 19 ans en lien avec la fusillade de lundi soir lors d'une fête de quartier dans l'arrondissement Scarborough, dans l'est de la ville, où deux personnes sont mortes et 23 autres ont été blessées par balle.

Nahom Tsegazab, de Toronto, a été accusé d'avoir déchargé une arme à feu avec insouciance, a annoncé la police de Toronto, en fin d'après-midi, jeudi. Le suspect a été placé en détention. L'enquête se poursuit.

La police de Toronto a aussi annoncé l'arrestation de Winston Wright, âgé de 38 ans, de Toronto. Il a été accusé de meurtre prémédité en lien avec la mort mardi soir de Clayton Wright, âgé de 42 ans, qui a été tué par balle dans un terrain de stationnement d'un terrain de soccer du nord-ouest de la ville.

On ignore pour l'instant si les deux individus ont un lien familial.

Par ailleurs, l'homme tué par balle tôt jeudi près d'une école de Toronto avait assisté à la fête de quartier de lundi.

C'est ce qu'a affirmé une source fiable à l'Agence QMI, ajoutant que la fusillade de lundi soir est bel et bien liée aux activités des gangs de rues.

Daniel Davis, âgé de 27 ans, de Toronto, connu sous le nom de «Snoop», a été identifié par la police comme étant la 30e victime de meurtre cette année à Toronto. L'individu a été atteint de plus d'un projectile d'arme à feu.

«Les représailles ont commencé», a avancé sur un ton confiant Kemi Omololu-Olunloyo, une femme bien ancrée dans la communauté noire de Toronto qui s'implique auprès des victimes de crimes.

Mme Omololu-Olunloyo dit avoir été contactée par plusieurs personnes disant qu'elles ont reçu des menaces.

«Tu seras criblé [de balles] cette fin de semaine si tu parles à la police», a-t-elle dit, citant un courriel qu'elle a reçu d'une des personnes présumément victimes d'intimidation.

La militante ajoute aussi que les jeunes hommes noirs diffusent sur internet des vidéos de musique rap où ils s'en prennent à des rivaux, et elle croit que cela a pu mettre le feu aux poudres dans l'attaque de lundi.

Selon un ami de la victime qui est venu voir la scène de crime, jeudi, et qui a demandé l'anonymat, Daniel Davis «n'aurait pas fait de mal à une mouche».

D'après ses proches, Davis n'appartenait à aucun gang de rue et n'était pas sur les lieux de la fusillade de lundi.

Les policiers ont découvert le corps de la victime peu après 1 h, jeudi matin, près du terrain de jeux de l'école Flemington Public School, dans le nord-ouest de la ville. Aucune arrestation n'a été effectuée par la police dans ce dossier.

Beaucoup de balles à Toronto

Daniel Davis est la 27e personne à être atteinte par balle à Toronto depuis lundi soir. Il s'agit du 4e meurtre commis en moins de 72 h dans la Ville Reine.

Le maire de Toronto, Rob Ford, rencontrera le premier ministre de l'Ontario, Dalton McGuinty, lundi, pour discuter des stratégies afin de lutter contre la violence perpétrée par des gens associés aux gangs de rue.

Le maire Ford demandera des fonds additionnels à la province afin d'ajouter du personnel à la division de lutte contre la violence du Service de police de Toronto.


Les coupes dans les programmes communautaires sont dénoncées

TORONTO – Plusieurs leaders de la communauté noire de Toronto croient que la recrudescence des actes de violence dans la ville cette année est le résultat des coupes dans les budgets des organismes communautaires au fil des ans.

En conférence de presse à Toronto, jeudi matin, les leaders de la communauté noire, d'où provient une majorité des victimes des attentats, ont indiqué que les recommandations des nombreux rapports pour lutter contre la violence chez les jeunes au cours des années n'ont pas été mises en œuvre, faute, notamment, de financement.

«Les marches à suivre pour combattre le racisme, la pauvreté, les troubles mentaux et le manque d'effectifs dans les organisations n'ont pas été mises de l'avant, et on voit les résultats aujourd'hui», a dit Margaret Parsons, de l'African Canadian Legal Clinic.

Likwa Nkala, du East Metro Youth Services, a indiqué que l'érosion des programmes prive les jeunes d'outils dont ils ont besoin pour interagir avec les autres, et développer leur discipline et leur esprit d'équipe.

Pour Ken Jeffers, un militant dans la communauté noire, ces jeunes doivent être mieux entourés.

«Nous avons des jeunes qui grandissent, entourés de nombreuses images négatives autour d'eux. On leur promet que ça va s'améliorer. On parle de donner de l'emploi aux jeunes, dont plusieurs n'ont jamais travaillé, et on s'attend à ce qu'ils travaillent 40 h/semaine. Ils ont besoin d'être encadrés de manière continue par des travailleurs sociaux qui comprennent leurs problèmes», a affirmé M. Jeffers.



 
 


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