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Plongeon interdit

Il frôle la mort en faisant un saut de près de 23 mètres

Agence QMI 
16/07/2012 21h20 

 
 
Plongeon interdit - Il frôle la mort en faisant un saut de près de 23 mètres
Guillaume Bergeron, 19 ans, s’est infligé d’importantes blessures au dos après avoir fait un saut de 23 mètres de haut dans la rivière Shipshaw à la centrale hydroélectrique de Chute-aux-Galets. 
Photo TVA Nouvelles

SAINT-DAVID-DE-FALARDEAU – Un jeune homme est passé proche de la mort il y a deux semaines en sautant dans la rivière Shipshaw à la centrale hydroélectrique de Chute-aux-Galets, à Saint-David-de-Falardeau, au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Dans une entrevue accordée à TVA Nouvelles, Guillaume Bergeron a assuré qu'il ne répétera plus ses acrobaties et il a déconseillé aux autres de le faire.

Son plongeon, réalisé le 3 juillet en début de soirée, a été filmé par un ami.

«Si tu meurs, tu ne t'en rendras pas compte», lui a dit deux fois un ami avant le saut. Mais quelques secondes avant son plongeon de près de 23 mètres de hauteur (75 pieds) dans une cuvette de rochers, creusée près de la centrale hydroélectrique, Guillaume semble trop excité pour réaliser le sens de ces paroles.

L'accès au site privé est contrôlé par des barrières et parfois par des gardiens de sécurité, mais le groupe de jeunes a sauté par-dessus les clôtures.

«Ce soir-là, j'ai décidé que je voulais faire d'autre chose», a raconté le jeune homme de 19 ans. Je voulais plus d'adrénaline. On se pense invincible quand on est jeune. J'ai sauté avec un plongeon, ils disent que son nom c'est un «back suicide», c'est un drôle de nom. J'ai sauté à l'envers, j'ai tourné et après ça, j'étais rendu tout droit dans les airs. J'avais réussi, mais j'ai continué à tourner un petit peu. J'ai vu que ça n'allait pas bien. J'ai rentré mon cou, j'ai claqué sur mon dos.»

75 pieds plus bas, le choc a été violent.

«Après le coup, je suis sorti de l'eau. Ça avait claqué fort, a poursuivi Guillaume Bergeron. J'étais comme paralysé, plus capable de sortir de l'eau. Mais on aurait dit que l'adrénaline a commencé à embarquer. J'ai réussi avec mes bras, à commencer à nager tranquillement, puis de façon plus grande. J'ai donc réussi à me rendre au bord.»

Le plongeur téméraire est même parvenu à remonter les rochers jusqu'au point de départ de son saut. C'est là, qu'il a eu peur de mourir et que ses quatre amis ont appelé les secours.

«J'ai senti que l'un de mes poumons n'était pas correct, a-t-il expliqué. Je n'ai pas trouvé ça drôle. J'ai paniqué un peu. J'étais de pire en pire, avec de la misère à respirer. J'ai dit, je peux mourir là. Je respirais comme dans une paille. Je me suis dit, ce serait «plate» de mourir là en sortant d'une roche. Ce n'est pas l'fun.»

Ce sont les pompiers de Saint-David-de-Falardeau qui ont été les premiers à arriver sur place.

«On est entré par effraction, ce qu'on n'aurait pas dû faire, a admis le chef du service incendies, Gilles Tremblay. Mais on est entré par effraction pour pouvoir avoir accès au jeune le plus vite possible dû à son état de santé. Il était couché sur le dos avec un gros mal de dos. Il était souffrant et il avait de la misère à respirer. Disons qu'il a été très chanceux. Très chanceux.»

À l'hôpital, les médecins sont persuadés que le plongeur aurait pu y rester, mais le diagnostic a rassuré tout le monde : un poumon décollé et des ecchymoses au dos à faire frémir.

À Saint-David-de-Falardeau, des jeunes plongent à la centrale de Chute-aux-Galets et font filmer leurs acrobaties depuis des années.

Le pompier Tremblay a peur que ce jeu interdit finisse par faire une victime. «Cette fois là, ç'a bien fini, il n'y a pas eu de décès, il n'y a eu rien de trop grave, de paralysie, il a été chanceux. On ne voudrait pas sortir quelqu'un de l'eau avec un décès.»

Depuis un an, Produits forestiers Résolu a embauché des agents de sécurité pour surveiller le site de la centrale.

Ils ne sont pas toujours sur place et l'entreprise refuse de dévoiler l'horaire de surveillance. La compagnie rappelle que c'est un lieu pour produire de l'énergie électrique, que le niveau d'eau varie constamment et que ce n'est surtout pas un endroit pour plonger.

«Je n'encourage personne à retourner là, a conclu Guillaume Bergeron. Si ça peut décourager du monde, bien tant mieux.»



 
 


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