JOLIETTE - Accusé d'avoir conduit son véhicule avec les facultés affaiblies il y a près de cinq ans, à Mascouche, Marc Gagnon, champion olympique en patinage de vitesse sur courte piste, a obtenu un arrêt des procédures pour délais déraisonnables, lundi matin.
En rendant son jugement au palais de justice de Joliette, le juge Michel Duceppe a souligné qu'une infraction sommaire datant de septembre 2007, qui est encore devant le tribunal, en 2012, a de quoi surprendre.
En mai, l'avocate de l'accusé avait plaidé qu'un délai de 34 mois devait être imputable à la Couronne, alors que la poursuite estimait qu'elle était plutôt responsable d'un délai de 18 mois.
Dans son analyse, le juge Duceppe a évalué à 24,6 mois la somme des délais indépendants à l'accusé. Dans son jugement écrit, il a souligné qu'un procès en cour provinciale, pour une infraction sommaire, devrait se dérouler à l'intérieur d'un délai variant de 14 à 18 mois.
Soulagé
C'est un Marc Gagnon soulagé et ému qui s'est adressé aux médias à la suite de l'arrêt des procédures.
« Les cinq dernières années ont été très difficiles pour moi et ma famille. Enfin, je vais pouvoir tourner la page et aller de l'avant », a dit le médaillé olympique de 37 ans.
En mai, il avait témoigné des conséquences néfastes de son passage devant les tribunaux. Il avait notamment indiqué que la médiatisation de l'affaire et la perte de contrats comme conférencier et porte-parole de divers organismes avaient eu des conséquences importantes au niveau financier. Il avait ajouté qu'il vivait beaucoup de stress ainsi que de nombreuses tensions dans son couple.
« La leçon que je retiens est que le seuil de 0.08 est ridicule, selon moi. C'est difficile de juger si on est en état de conduire ou non après avoir consommé de l'alcool.
Désormais, dès que j'aurai pris une bière, il n'est pas question de prendre le volant », a-t-il conclu avant de quitter le palais de justice.
Marc Gagnon avait été arrêté par des policiers de Mascouche, vers 5 h 10 du matin, le 22 septembre 2007.
L'ex-patineur olympique aurait perdu la maîtrise de son véhicule, sous les yeux d'un policier présent par hasard, tout près du domicile de l'accusé.
Le taux d'alcool, de Marc Gagnon, dépassait de près de deux fois la limite permise soit 0,15 mg pour 100 millilitres de sang, selon la police.
La procureure de la Couronne, Geneviève Rondeau-Marchand n'a pas voulu commenter le jugement. Le directeur des poursuites criminelles et pénales dispose de 30 jours pour décider s'il porte la décision en appel ou non, devant la Cour supérieure.