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Cour d'appel

La défense de l'ex-juge Delisle présente ses arguments

Agence QMI 
Kathryne Lamontagne
04/07/2012 12h54 - Mise à jour 04/07/2012 21h19

 
 
Cour d'appel - La défense de l'ex-juge Delisle présente ses arguments
Jacques Delisle 
Photo Agence QMI / Archives

Un verdict «déraisonnable», une hypothèse de meurtre «ridicule», une préméditation présentée de façon «scandaleuse» et un jury «noyé» dans la preuve; l'avocat de l'ex-juge Jacques Delisle, reconnu coupable du meurtre prémédité de sa femme, n'y est pas allé de main morte, devant la Cour d'appel, mercredi.

Confiant, sans toge, Me Jacques Larochelle s'est adressé tout l'avant-midi au juge Richard Wagner, exposant ses arguments visant à contrer le verdict de culpabilité prononcé par les jurés, le 14 juin. «Il y a un risque important que ce soit un innocent condamné à tort», a-t-il dit, au palais de justice de Montréal. Son client était absent.

L'avocat de la défense a ainsi passé en revue durant plus d'une heure l'ensemble de la preuve balistique qu'il place au cœur de ce dossier, qualifiant de «grotesques» et de «pitoyables» les résultats obtenus à ce sujet par les experts de la Couronne.

«Le jury devait être convaincu hors de tout doute raisonnable que les experts de la poursuite avaient raison», a laissé tomber l'avocat.

Or, à plusieurs reprises, ces spécialistes auraient admis qu'il était possible que la victime, Marie-Nicole Rainville, se soit elle-même tiré une balle dans la tête, le 12 novembre 2009. «C'est un obstacle fatal à la culpabilité», a-t-il résumé.

Couronne attaquée

Visiblement à l'aise, parfois appuyé sur son lutrin, Me Larochelle s'est par la suite indigné de l'attitude de la poursuite dans ce dossier, reprochant notamment à Me Steve Magnan de s'être mis en scène lors d'une plaidoirie «incendiaire» où il aurait attaqué «à fond de train tous les experts de la défense».

Il reproche de plus au juge Claude Gagnon, qui a chapeauté l'affaire, de ne pas avoir agi adéquatement pour mettre un frein à cette plaidoirie, qui exprimait à une vingtaine de reprises l'opinion personnelle de Me Magnan. «Il avait l'obligation de sanctionner cette erreur de droit incroyable.»

Pas assez de directives

Le juge de la Cour supérieure n'aurait d'ailleurs pas formulé assez de directives pour encadrer le jury et le guider vers les «éléments importants» de la preuve, soit la balistique. Selon lui, le juge Gagnon aurait dû simplifier la tâche du jury, de manière à éviter qu'il se concentre sur des «anecdotes», comme le fait que son client avait une maîtresse, par exemple.

«Le juge ne peut soumettre la preuve en masse et dire «Cherchez!». Il doit résumer et simplifier», a-t-il affirmé, précisant qu'il était le seul à avoir parlé de la preuve balistique aux membres du jury.

Liberté provisoire

Jugeant ces motifs d'appel sérieux, Me Larochelle a demandé au juge Wagner de libérer son client, dans l'attente de la suite des procédures judiciaires. Il a rappelé que son client, un homme de 77 ans qui «n'a jamais rien fait de mal», ne présentait aucun danger pour la société. Il a aussi tenu à souligner que l'ex-juge Delisle vivait actuellement une détention particulièrement difficile étant donné qu'il a déjà été un représentant de l'ordre.

Le juge Wagner devrait rendre sa décision jeudi.



 
 


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