THETFORD MINES - Luc Brochu, un multirécidiviste de l'alcool au volant, a écopé lundi d'une peine d'emprisonnement de cinq ans et demi pour avoir heurté mortellement Benoît Deslauriers.
C'est sans broncher que l'homme de 46 ans a écouté la décision rendue par le juge Pierre Verdon.
L'individu, qui souffre de schizophrénie, s'est aussi vu interdire de conduire tout véhicule à moteur pour une période de 10 ans.
Lundi, pendant toute la matinée, la procureure de la poursuite, Me Christine Gosselin, a fait défiler à la barre la conjointe et la fille de la victime, mais aussi ses frères et sœurs ainsi que son meilleur ami.
«Avant, on croyait que l'alcool au volant, ça n'arrivait qu'aux autres. Maintenant, on sait le mal que ça fait, on sait le désarroi que ça crée et on sait surtout que notre vie ne sera plus jamais pareille», a courageusement témoigné Lorraine Beaudoin, conjointe de la victime.
Pendant de nombreuses minutes, elle a expliqué au magistrat comment elle avait appris le décès de son conjoint, mais aussi comment elle avait eu à composer avec son départ.
À une minute de la maison
Le soir des tristes événements du 21 décembre dernier, Benoît Deslauriers revenait du travail lorsqu'il a croisé la route de Luc Brochu sur la route 112 à Disraeli.
Alors que la victime avait travaillé toute la journée, Brochu, lui, avait consommé de nombreuses bières en plus de fumer du cannabis.
Le test sanguin effectué par la Sûreté du Québec, deux heures après l'accident, a révélé un taux d'alcoolémie deux fois supérieur à la limite permise.
Lors de l'enquête, il a confié avoir consommé 18 bières en tout.
«N'eût été sa maladie mentale, j'aurais demandé une peine de sept ans, mais nous en avons pris compte pour vous faire notre suggestion commune», a mentionné la procureure de la poursuite au président du Tribunal.
Me Gosselin a également fait état des antécédents de Brochu, qui a déjà eu deux condamnations pour conduite avec les facultés affaiblies en 1998 et en 2008.
«Je suis soulagée, mais, en même temps, lui, il a eu une peine de cinq ans et demi alors que la mienne et celle de mes filles durera toute notre vie», a ajouté l'épouse de Benoît Deslauriers, avant de quitter le palais de justice de Thetford Mines entourée de sa famille.