QUÉBEC - La famille Noémie et Audrey Bélanger, décédées subitement en Thaïlande, s'inquiète de la lenteur du processus de rapatriement et craint de devoir faire le deuil de Noémi et d'Audrey sans que la véritable cause de leur décès ait été élucidée.
Lundi, le média thaïlandais « Phucket News » a rapporté que les deux corps ont été examinés sommairement par un médecin. Selon lui, les deux sœurs auraient été empoisonnées lors d'un repas comprenant du poisson-globe ou des champignons toxiques.
La famille peine à croire cette version, puisque les conclusions relèvent d'une évaluation sommaire et non pas de l'autopsie, qui n'a étrangement toujours pas été effectuée. Le fait que les deux femmes n'aient pas été en mesure de demander de l'aide suscite aussi des questionnements.
S'il n'est pas apprêté adéquatement, poisson-globe, aussi appelé poisson-ballon ou « fugu », peut être toxique. La mort peut survenir dans un délai de quatre à six heures par arrêt respiratoire après une paralysie. Un cas d'empoisonnement a été mortel sur les 17 répertoriés au Japon en 2011. Banni en Thaïlande depuis 2002, le fugu est un mets raffiné, surtout cuisiné au Japon. Aucune recherche n'a permis de retracer un empoisonnement mortel causé par le fugu en Thaïlande depuis cinq ans.
Lundi matin, un membre de la famille proche des victimes a joint Le Journal de Québec pour partager les inquiétudes de la famille quant aux délais du processus de rapatriement et de l'autopsie. C'est alors qu'un représentant du journal a appris à la famille l'hypothèse lancée par le médecin thaïlandais.
« Ont-elles été les seules à avoir mangé ça? Pourquoi auraient-elles été les seules à être malades? C'est nébuleux. Noémie [la grande sœur] a fait la Chine et l'Europe; elle était toujours prudente, a-t-il raconté. Je n'y crois pas. Nous, on veut seulement que l'autopsie soit pratiquée le plus vite possible. »
La famille, qui ne pense pas se rendre en Thaïlande, a ajouté qu'elle demandera aux autorités québécoises de pratiquer également une autopsie en sol québécois dès que les corps rentreront au Canada, ce qui devrait avoir lieu la semaine prochaine.
Lundi matin, les corps des deux femmes n'étaient toujours pas à Bangkok, là où doit être pratiquée l'autopsie. Cela préoccupe la famille, qui a été avertie que l'autopsie se devait d'être réalisée moins de 72 heures après le décès pour permettre aux spécialistes de retracer les substances qui auraient pu provoquer leur mort.
« Ça fait 120 heures que les filles sont mortes, les preuves s'effacent. Ce qu'on veut, c'est que le décès de nos filles ne tombe pas dans le vide. Nos démarches sauveront peut-être des vies », a-t-il poursuivi. Il précise avoir eu la confirmation qu'aucun bien des deux femmes n'a été volé.
Étrangement, l'ambassade a été en mesure d'aller sur la scène du drame et de ramener tous les effets personnels des deux femmes à Bangkok, mais les corps sont demeurés dans une région voisine des lieux du drame.
D'autres incidents
De retour de Thaïlande avec deux autres Québécoises, Marie-Ève Vachon a eu des frissons en pensant au drame qui aurait pu les frapper.
Au pays depuis une semaine, la jeune femme de 24 ans a passé un mois là-bas avec sa sœur et une troisième amie. Elles ont visité les mêmes endroits que Noémie et Audrey Bélanger.
« Nous avons toutes pensé que ça aurait pu être nous. Que ça aurait pu nous arriver. »
La voyageuse a aussi connu des ennuis de santé lors de son séjour sur l'île de Phi Phi.
« J'ai été hospitalisée pendant douze heures à Phi Phi. C'était une bactérie ou un parasite à l'estomac. Les médecins ne parlent pas vraiment anglais. J'ai pris les médicaments qu'ils m'ont donnés en espérant avoir eu les bons. »
Pourtant, elle exclut tout lien avec les victimes originaires de Pohénégamook. Aucun test plus poussé n'a été effectué. « Je me suis fiée à eux. Ce n'était pas une intoxication. Pour les Bélanger, je suis convaincue qu'elles ont été droguées. »
Dans un environnement aussi agréable, elle avoue que la vigilance diminue légèrement. En plusieurs circonstances, quelqu'un aurait pu glisser une substance dans son cocktail. Même si la tragédie des Bélanger était survenue avant son départ pour la Thaïlande, elle n'aurait pas annulé son séjour.
« J'aurais peut-être été plus prudente, mais j'ai vraiment senti que c'était sécuritaire. J'avais moins peur de me promener à minuit le soir en Thaïlande qu'à Montréal. Je n'ai jamais senti que j'étais en danger. »
Emprisonné
Un autre Québécois de 19 ans a vécu une désagréable mésaventure au même endroit, à Phi Phi. « Dans un petit bar, après la troisième bière, nous avons perdu la carte.
Je ne me souviens plus de rien. » Son compagnon de voyage est rentré à l'hôtel où il a été sérieusement malade partout dans la chambre », a expliqué Dave-Alex Berthelot.
De son côté, le jeune homme aurait repris ses esprits au poste de police. Il a dû débourser environ 500 $ pour pouvoir repartir. « Le tenancier a dit que ce n'était pas la première fois. »